Ayurvéda, Allopathie et autres médecines

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Notre but n’est pas de diviser la médecine moderne et l’Ayurvéda, ni de discriminer l’une au profit de l’autre. Au contraire, nous sommes convaincus que le futur viendra de l’union du meilleur de toutes les disciplines et d’un respect mutuel et profond, dans la compréhension et l’intégration, puisque la médecine allopathique est aussi fille de l’Ayurvéda.

Ici, nous allons simplement mettre en lumière certaines différences ou similarités dans l’approche afin que vous ayez l’opportunité du choix et toutes les informations pour réfléchir. Chaque système de traitement a des points et caractéristiques uniques, ainsi que des limites, et il est essentiel d’enrichir notre connaissance et de regarder dans les concepts des autres systèmes médicinaux et médicaux.

Être Docteur en Ayurvéda signifie avoir la connaissance non seulement de la médecine Ayurvédique mais également Unani ( Médecine Greco-Arabe ), du Yoga ( voir article Ici ), et de la science moderne incluant : Nutrition, pharmacologie clinique, infection, pulmonologie, gastro-entérologie, néphrologie, neurologie, oncologie, psychiatrie, génétique, immunologie, cardiologie, hépatologie, endocrinologie, hématologie, rhumatologie, médecine environnementale, soins d’urgences et d’autres spécialités qui divisent les branches de la médecine moderne. L’étude de la science moderne est obligatoire pour le doctorat en médecine Ayurvédique et elle ne fait que renforcer la beauté de L’Ayurvéda et ses principes dans un monde tel que le nôtre.

L’AYURVEDA ET LA MEDECINE MODERNE

Un but à long terme

L’occident recherche souvent une detox rapide, une pilule miracle, quelque chose qui résoudrait tout très vite, compensant des années de problèmes, d’alimentation et style de vie impropre. Cette approche brusque et brutale ne fait pourtant qu’aggraver les troubles tels qu’il soit car rien dans la Nature ne fonctionne avec force et temps et patience sont requis si l’on veut résoudre les problèmes jusqu’à la racine. Lorsqu’un nettoyage est fait trop sévèrement, trop fortement et trop rapidement, cela ne fait que ramener les toxines en circulation et charger le corps au point que celui-ci ne peut plus les traiter et que les organes en sont affaiblis et alourdis. Il existe également en Ayurvéda des remèdes rapides mais qui sont utilisés uniquement pour des cas urgents et spécifiques et selon un protocole particulier par la suite afin de rétablir l’équilibre à long terme. Lorsque l’on traite la cause racine non seulement on traite la maladie mais on prévient toute récurrence.

Le role de la Spiritualité

La dépression, le stress, l’anxiété sont des troubles communs qui nous affligent. Souvent, ils sont utilisés pour expliquer ou justifier des réactions du corps que la science ne peut expliquer et a l’inverse, un corps en déséquilibre amène des déséquilibres mentaux. Le corps et l’Esprit sont unis, intriqués, et cherchent à travailler ensemble de manière optimale dans un partenariat pour la vie, sans quoi plusieurs pathologies se développent et avec le temps, affectent l’être tout entier.

Le Cancer, maladie du Siècle, est principalement dû à un manque d’hygiène dans le style de vie ou l’alimentation et a un déséquilibre dans nos émotions et notre spiritualité. Sans travailler sur le facteur Esprit dans chaque maladie, celle-ci va de nouveau survenir. Rien dans le corps ne peut rester si l’Esprit ne le permet pas, consciemment ou inconsciemment.

La médecine moderne met de côté cela et confond la spiritualité avec la religion ou les médecines alternatives, alors que c’est un point central pour toute guérison. La source de tous maux n’est pas matérielle, les manifestations physiques ne sont que les enfants d’un problème plus profond. Si des éléments ponctuels et extérieurs peuvent provoquer une maladie (Virus, etc.) c’est que quelque chose a permis cette intrusion. Ainsi, il n’est que perte de temps et errance que de se battre contre la manifestation des symptômes sans aller à la source du problème. Il est important d’aller voir la personnalité du patient, ses tendances négatives, acquises ou héritées.

Un autre point est le Karma. Sans cette vision, le monde n’est qu’un lieu injuste ou les gens sont pauvres, riches, handicapés, ou des enfants ont le cancer ou sont exploités sexuellement, ou d’autres sont célèbres et adulés, etc. La vie n’étant ainsi qu’un jeu aléatoire ou vous pouvez être chanceux ou ne pas l’être. Le Karma aide à comprendre et éclairer les lois universelles dans lesquelles tout se produit pour une raison, ou il n’y aucune place pour le Hasard. Le Karma nous permet de réaliser que ce à quoi nous faisons face et ce que nous expérimentons dans notre vie est la conséquence de nos actions, de toutes nos vies cumulativement, et que nous sommes ici pour la compréhension et l’évolution de notre Âme à travers des expériences nécessaires à celles-ci qui nous sont fournies par les situations dans lesquelles nous sommes.

Le remède à la douleur, est dans la douleur.

Rumi

Le corps: un ensemble insécable

Le corps est une entité globale dont les parties ne peuvent être prises individuellement, parce qu’elles travaillent ensemble en interdépendance et harmonie. A nouveau, prenons l’exemple d’une voiture. Lorsqu’une piece importante ne marche plus, c’est la voiture entiere qui est a l’arret. Les traitements Ayurvédiques prennent toujours en compte tous les aspects de l’être. La médecine moderne ne fait que commencer à réaliser et incorporer ce concept, sortant progressivement hors de la noirceur de la spécialisation ou un organe est pris indépendamment et séparément du tout pour être analysé et traité. Ce concept manque à comprendre que pas même une seule cellule ne peut fonctionner par elle-même sans communiquer ; similairement, si un organe est affaibli ou déséquilibré, c’est toute la chaine qui s’en ressent. Oui, la vie continue toujours car le corps est une machine incroyable pouvant supporter beaucoup de traumas, mais inévitablement la dégénérescence et les désordres vont commencer à se manifester. Le corps humain est si complexe que de vouloir le délimiter est artificiel.

De l’importance du style de vie et de la prévention

Dans la médecine moderne, la maladie n’est traitée qu’après apparition des symptômes, alors que dans la vision Ayurvédique cela se manifeste à un stade déjà avancé ou la maladie progresse rapidement si elle n’est pas prise en charge. A ce stade, il est plus difficile de la traiter et de la guérir. Il est ainsi évident que la prévention de toutes les manières possibles dans une routine personnalisée et individualisée est de la plus grande importance. Les savants Ayurvédiques sont à même de diagnostiquer les troubles à leur genèse ( Samprapti ), bien avant que des complications plus sérieuses ne commencent. L’Ayurvéda classifie l’évolution d’une maladie en 6 stades. Les méthodes de diagnostics modernes ne sont capables de détecter un problème qu’aux stades 5 et 6. La médecine est à la fois Art et Science, malheureusement l’Art de Vivre trouve rarement sa place dans la médecine moderne et en pratique.

Le Diagnostic

Non seulement l’Ayurvéda mais également de nombreuses médecines utilisent le Pouls comme méthode de diagnostic suprême alors qu’elle est inexistante en médecine moderne où sont utilisés des équipements et procédures invasives ( prises de sang, etc. ). Cependant, les investigations modernes tels que résultats de laboratoires peuvent assister ou être interprétés en termes Ayurvédiques et utilisés comme paramètres pour observer les effets d’un traitement ou en consolider les principes.

Les effets secondaires

Même les traitements Ayurvédiques peuvent avoir des effets secondaires et indésirables tels que: nausée, insomnie, migraines, diarrhée, etc. mais ceux-ci sont compris par le corps et ne sont que ponctuels, sans danger sérieux si bien supervisés.

Les traitements allopathiques conventionnels s’accompagnent presque toujours d’effets secondaires qui vont aller déséquilibrer une autre partie du corps ou de l’Esprit. Prenons l’exemple de la Chimiothérapie. Le bon sens dirait que lorsque quelque chose est affligé et affaibli, il convient de le renforcer. C’est la question cruciale et controversée actuellement dans la façon de traiter le Cancer en médecine moderne, puisque la Chimiothérapie vise à affaiblir le corps pour enlever l’affliction et de nombreuses personnes meurent non du cancer mais de la chimiothérapie. Oui, certaines s’en sortent, mais sont elles aussi fortes qu’avant, et quels ont été les sacrifices ? Cette approche est à l’oppose de celle Ayurvédique, qui vise toujours à renforcer afin que le corps comprenne comment se guérir lui-même.

Les symptômes et la cause

La médecine Allopathique concentre principalement ses efforts pour régler les symptômes et non la cause. En Ayurvéda nous travaillons non seulement sur les symptômes mais il existe en tout 6 différents principes pris en compte.

Pour résumer:

      • La terminologie diffère, avec ou sans corrélation ou synonymes en termes modernes
      • L’anatomie et la physiologie diffère
      • La pathogenèse et la méthode de diagnostic diffère
      • L’Ayurvéda et de nombreuses médecines travaillent avec le concept d’énergie vitale, Prana ou Qi, alors que la médecine moderne rejette ou néglige ce concept d’énergies, de méridiens, de chakras, et d’Âme.
      • La science moderne voit le corps comme fait d’unités spécialisées alors que l’Ayurvéda voit le tout comme un ensemble inter relié
      • La médecine moderne vise principalement les symptômes et non la cause
      • L’Ayurvéda n’a que peu ou aucuns effets secondaires alors que la médecine moderne n’a que trop d’effets collatéraux
      • Les cours de médecine n’incluent pas ou peu les autres systèmes et médecines, ainsi que la nutrition, la prévention et le style de vie qui ont un rôle clé. Un diplôme Ayurvédique comprend tout dans une approche holistique.

L’AYURVEDA ET LES AUTRES MEDECINES

La quête d’un remède est celle de l’homme depuis les âges primitifs, pour alléger ses souffrances et pallier à l’âge et la dégénérescence. Cela a commencé avec l’apprentissage de la Nature et de ses lois et applications, qui se sont transmis de générations en générations : des âges de la transmission orale à la transcription sur papier ou sur logiciels de nos jours. Nous avons adapté nos connaissances à nos conditions environnementales et écologiques. Ainsi, différents systèmes ont vu le jour et évolués de par le monde, ayant tous l’Ayurvéda comme tronc commun et ancestral, l’Ayurvéda existant depuis des temps immémoriaux, depuis l’existence de la vie elle-même.

Voici une brève comparaison dans les approches, vous remarquerez à l’évidence que ce ne sont que les branches d’un même arbre:

      • Yoga : croit en l’existence d’un Dieu, d’une Source et d’un soi superieur. Croit que le salut vient d’une maitrise intérieure et que toutes les maladies sont dues à une identification erronée avec ce que l’on croit être soi ( En Ayurveda, Sushruta dit de même que la source ultime de toutes les maladies réside dans une déconnection avec notre nature divine, tombant dans l’illusion de la séparation) . Contrairement aux systèmes médicaux où un agent externe tient lieu de correctif, ici c’est le patient lui-même qui par une discipline et des efforts constants peut se guérir.  Livre de reference : Hatha Yoga Pradipika
      • Naturopathie : croit que la guérison vient de l’harmonie avec la Nature et ses lois et utilise la nature pour guérir, suivant les principes d’une routine quotidienne et saisonnière, et des codes et pratiques de vie naturelle.

Avicenna (Ibn Sina) (c.980—1037), un mathématicien Perse reconnu comme l’un des penseurs et écrivain les plus illustres de l’Age d’Or Islamique. Le Canon de la Médecine : le scientifique Avicenna opérant sur une femme, outils en haut a gauche.

      • Unani : Médecine Greco-Arabe. Tout comme l’Ayurvéda, travaille avec le concept d’humeurs ( Doshas ),comprend la théorie d’éléments fondamentaux ( PanchaMahabuta ), utilise des préparations minérales/herbales/animales, utilise le pouls/urines/selles pour diagnostic. Livres de reference: The canon of medicine from Avicenna, Al Tabreef, Kitabul manzeer, Kitabul kulliyat.
      • Siddha : La médecine des saints Indiens, travaille avec le concept d’humeurs ( Doshas ),comprend la théorie d’éléments fondamentaux ( PanchaMahabuta ), diagnostique utilisant le pouls, la langue, les yeux, les urines, les selles, la voix… utilise des composes minéraux et certains herbaux, travaille beaucoup avec le Mercure. Livres référence : Agastyar, Teriyar, Bhogar, Tirumutar.
      • Amchi Système – Sowa  rigpa  : Médecine tibétaine, comprend le concept de Doshas et d’éléments fondateurs, diagnostique utilisant le pouls, la langue, les yeux… Reference : RGyud-bzi.

Le concept Tibetan de sante/maladie a été illustré sous forme d’un arbre dans le rGyud-bZhi.

      • MTC – Médecine traditionnelle chinoise: Comprend le concept d’éléments fondateurs, et que le déséquilibre vient d’un déséquilibre entre ces éléments dans le corps. Diagnostique utilisant le pouls, la langue, etc. Utilise les plantes et herbes pour traiter les maladies, travaille avec les points vitaux (Acupuncture, en Ayurvéda cela se nomme la Marmathérapie ), etc.
      • Homéopathie : Utilise les lois de la Nature et la Nature pour guérir selon la loi des similarités et des contraires

Sans oublier de nombreux autres systèmes tels que la médecine Maya, la médecine Amérindienne, et toutes les sagesses et astuces de nos ancêtres.

Pour conclure et souligner à nouveau, l’Ayurvéda n’accepte ni ne rejette toute autre médecine, mais plutôt aspire à l’union des pratiques, des peuples, des cultures et des religions, pour le bien-être de l’homme et de la Nature.


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Les Superaliments n’existent pas

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L’idée qu’il existe des aliments « meilleurs » que d’autres est absolument erronée. Le petit radis du jardin a autant de valeur qu’une baie de Goji. La nouvelle science qui se veut de disséquer et classifier les aliments selon leurs composants, leur valeur antioxydants etc. n’incorpore pas les critères essentiels et fondamentaux qui permettent de savoir si un aliment nous est bénéfique ou non et dans quelles proportions.

Les critères ayurvédiques comprennent entre autre le Virya ( potentiel réchauffant ou refroidissant ), le Rasa ( la saveur, le gout ), le Vipaka ( effet post digestif ), le Prabhava ( effet spécial ), …ainsi que la Nature de la personne ( Prakriti ) et son état actuel ( Vikriti ).

Chaque produit de la nature est divin à sa façon. Il n’y en a pas de meilleur qu’un autre si on sait les apprécier et les utiliser quand et comme il faut.

Il y a tout un marché autour de ces nouveaux aliments que l’on essaye de nous vendre, et ceci n’a finalement aucun sens du point de vue de la sagesse médicinale.

Il convient aussi de retracer leur utilisation traditionnelle et culturelle (quel contexte, quel dosage, etc.) afin de comprendre s’ils sont adaptés pour nous.

Pour lire plus ici.

Pour votre Santé, évitez les Jus et Smoothies

smoothies

Parlons de cette tendance qui dure. Il est maintenant très courant d’investir beaucoup d’argent dans l’achat d’extracteurs de jus, de mixeurs, de Blender…dans le but de faire ces soi-disant boissons et jus santé proclamés remèdes contre presque tout du cancer a l’arthrose aux désordres digestifs. Cette fausse vérité est tellement ancrée qu’elle est maintenant presque imprimée de manière certaine et inébranlable dans les esprits.

Eh bien, l’Ayurvéda à un autre point de vu, opposé, sur le sujet et voici pourquoi il est important de reconsidérer ces rumeurs.

En Ayurvéda, notre Agni ou feu digestif est un de nos plus précieux trésors. Il est dit que 99.9% des maladies commencent dans le corps par une mauvaise digestion, assimilation, élimination. De même, la médecine traditionnelle Chinoise tient en plus haute estime notre système digestif, le considérant comme un feu sacré.

Afin que ce feu puisse continuer de bruler et de maintenir notre santé et prolonger notre vie, il est nécessaire de lui fournir une nourriture appropriée. Les jus crus n’entrent pas dans cette catégorie. Voici pourquoi.

COMPRENDRE LA PROBLEMATIQUE

  • Les jus crus et autres concentrés sont souvent servis froids ou glacés, ce qui est un désastre pour notre digestion et notre poids.

  • Ils contiennent l’essence même des aliments rendant la préparation très lourde à digérer contrairement à ce qui est dit. « Svarasa » ou le jus d’une plante est consideré comme l’une des préparations les plus lourdes a digérer selon la pharmacopée Ayurvédique. Prenons l’exemple de la marmite mijotant sur le feu. Le feu est notre Agni, notre feu digestif. La marmite est notre estomac, prêt à recevoir la nourriture, ainsi que tous les organes associés pour la transformer. Si nous mettons de l’eau froide cela mettra du temps à bouillir. Et si, alors que l’ébullition est en cours, nous ajoutons quelque chose de similaire froid et lourd, non seulement nous allons à nouveau ralentir la cuisson mais sans doute mettre le feu aussi au ralentit, ce qui finalement conduira à prendre des heures. Similairement est notre système digestif. Il faut s’assurer dans tous les cas d’avoir digéré notre précédent repas ou boisson avant de manger/boire à nouveau, et a tout prix éviter de terminer un repas par un jus ou smoothie.
  • La combinaison alimentaire est souvent inappropriée (tel fruits sucrés et acides, légumes verts et fruits, etc. alors que les fruits doivent toujours être pris séparément), rendant encore plus complexe la digestion et requérant beaucoup d’énergie pour séparer et assimiler la préparation. Pour qu’un repas soit proprement digéré il faut que les aliments se marient ensemble (c’est pourquoi autrefois la cuisson se faisait lentement sur feu de bois ou à basse température pendant des heures afin que les saveurs et propriétés inhérentes de chaque aliment se mélangent harmonieusement) ; il faut également que les aliments soient mâchés (dois-je rappeler que boire n’est pas manger et que les enzymes digestives ne sont pas secrétées de la même manière). Mélanger de nombreuses choses différentes, aux propriétés différentes, dans un mélangeur, à haute vitesse, ne permet pas à la magie d’opérer ni aux transformations subtiles de se faire, ce qui pourtant est crucial. Tout cela conduisant éventuellement a des fermentations et une indigestion, donnant la sensation de satiété, de lourdeur, qui n’est pas de bon augure. Toute nourriture non métabolisée/non digérée correctement crée des déchets et toxines ( Ama ) qui s’accumulent et finalement s’installent profondément dans les méridiens et les tissus ( Dhatus, tel que sang, os, graisse, muscle…)  conduisant à des maladies plus sérieuses.
  • Les Smoothies sont souvent fait avec des bananes qui sont Douces et Lourdes par nature. Elles ne conviennent pas lorsque le système digestif est sensible, ni lorsque le climat dans lequel on vit est frais/froid, et de plus, si elles sont ingérées sur estomac vide comme c’est souvent le cas au petit déjeuner, elles ont la particularité de bloquer les canaux d’énergie subtils et vitaux. Elles sont également a éviter dans toute condition de prédominance Kapha, et de toxines (langue chargée, cancer, désordres digestifs, etc.).
  • Souvent, des “Superaliments” sont rajoutés tels graines de Lin/Chia, baies de goji, huile de Coco (qui est lourde à digérer et impropre à consommer en climat froid), Spiruline/Chlorelle (qui sont prohibées, comme tout produit de la mer, dans tout désordre du foie en Ayurvéda ) ; rendant la boisson encore plus lourde et complexe.
  • Les qualités ou attributs (Gunas) des jus ou concentrés sont généralement : froid, sec, rugueux (de par les fruits et légumes contenus qui ont ses propriétés post digestives – Vipaka). Ces attributs sont similaires à ceux du dosha Vata, aggravant ainsi les personnes de constitution Vata (Vata Prakriti), ou en état Vata (Vata Vikriti). Parfois, l’attribut est aussi Lourd, ce qui dans ce cas va aussi aggraver le dosha Kapha, mauvaise nouvelle pour les personnes ayant des toxines ou recherchant une perte de poids. Noter aussi qu’aucune perte de poids ne peut être durable par consommation d’aliments ou boissons de nature Froide. Malheureusement, souvent les personnes qui se tournent vers cette nouvelle tendance aux jus crus le font parce qu’elles recherchent santé et guérison de désordres digestifs, dont la cause sous-jacente est souvent un désordre Vata et/ou Kapha, ne réalisant ainsi pas qu’elles ne font qu’empirer le problème sur du long terme. Ainsi, ne tarderont pas à se manifester : gaz, ballonnements, diarrhée ou constipation, énergie et humeur variable, digestion variable, accumulation de déchets ( Ama ),  désordres articulaires et hyperlaxie, manque de concentration, insomnie, désordres nerveux, troubles hormonaux, infertilité, baisse de l’énergie vitale et dégénérescence, fatigue, etc. Il est de prime importance de regarder les attributs des aliments plutôt que leur contenu nutritionnel. C’est la base de la cuisine Ayurvédique et la clef pour comprendre comment faire de notre assiette notre meilleur allié pour la vie et notre premier médicament.
  • Ces préparations peuvent déséquilibrer le métabolisme créant des problèmes de catabolisme/anabolisme se traduisant souvent par un changement ou des fluctuations dans la silhouette, l’énergie et le poids.

TROUVER L’EQUILIBRE

Bien-sûr, les aliments crus contiennent plus de minéraux, d’antioxydants, de micronutriments et de vitamines en comparaison avec ceux cuits  (bien que certains comme la Tomate et son Lycopene voient leur contenu accroitre par cuisson). Cependant, quel est l’intérêt d’en consommer si ils ne sont ni digérer ni assimiler en bout de ligne ? L’équilibre réside dans une méthode de préparation et cuisson appropriée, suffisante pour garder notre feu digestif, assez douce pour garder l’essence de l’aliment.

Ne mélanger pas du cru et du cuit au même repas. Choisissez l’un ou l’autre, car les enzymes nécessaires a la digestion ne sont pas les même pour chacun et conduiraient à un affaiblissement du feu digestif ou une mauvaise digestion.

Les épices, sont une aide précieuse pour contrer les qualités inhérentes des jus et concentrés crus, tout en parfumant de saveurs. Au choix : poudre de gingembre sec, cannelle, cardamome, curcuma, fenouil, ajwain, etc.

Servir tiède ou à température de la pièce.

Rester dans la simplicité (carotte/betterave ou pomme/poire, etc.) simplifiera le cote dense et lourd.

Éviter de consommer en Hiver ou si votre digestion n’est pas optimale.

Essayer vos légumes en soupe légère pour changer :)


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Miam-Ô-Fruit : recette tendance, sans bon sens

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Si vous êtes tenté(e)s d’essayer cette recette qui fait plutôt fureur prônant perte de poids, vitalité, transit, etc. voici la vision Ayurvédique éclairant pourquoi elle est impropre à consommer de manière régulière et sur du long terme.

Aujourd’hui, il existe une infinité de modes « Santé » qui pour la plupart ne sont pas du tout adaptées pour chacun.

D’une part, parce qu’elles n’ont pas plus d’un siècle de recul, ne pouvant prouver ce qu’elles avancent, quand l’Ayurvéda est une sagesse et science de la Vie multimillénaire.

D’autre part, elles clament tel ou tel bénéfice se penchant sur le contenu vitaminique, calorique, nutritionnel, et ceci d’une manière généralisatrice, comme si cela était adapté pour tout le monde. L’Ayurvéda comprend qu’un aliment a différents paramètres à prendre en compte ( Rasa, Guna, Triguna, Prabhava, Virya, Vipaka,etc. ) et non seulement son profil scientifique.

Surtout, ce qui fait la beauté et la clef de cette compréhension, c’est qu’elle est mise en application dépendamment de la personne, selon son âge, sa constitution, son état de sante, sa digestion, et plusieurs autres critères qu’un praticien en Ayurvéda saura discerner.

Revenons donc à cette recette qui se prépare comme suit:

  • 1/2 banane écrasée à la fourchette jusqu’à la rendre liquide et légèrement brune
  • 2 cuillers à soupe d’huile de colza bio ou une cuiller à café d’huile de lin + une cuiller à soupe d’huile de sésame crue non toastée. On émulsionne l’huile dans la banane, on ne doit plus voir l’huile.
  • 1 cuiller à soupe rase de graines de lin broyées finement
  • 1 cuiller à soupe rase de graines de sésame broyées finement
  • 1 cuiller à soupe d’un mélange de 3 autres graines broyées (cajou, arachide, noix, noisette, tournesol, pépin de courge, etc. au choix)
  • 2 cuillers à café de jus de citron frais
  • Plusieurs fruits ou morceaux de fruits différents : pomme, poire, kiwi, papaye, mangue, litchi, longane, ramboutan, ananas, fraise, framboise, fruit de la passion, fruit du dragon, groseille, prune, mirabelle, pêche, abricot, mûre, airelle, corossol, pomme cannelle, etc….selon la saison et le lieu.

Démystifions-la

  • Les bananes sur estomac vide/à jeun bloquent et ferment les méridiens, ou canaux d’énergie subtils et vitaux
  • Les bananes sont lourdes à digérer et impropres à consommer en climat froid. Elles peuvent aggraver le Dosha Kapha et/ou les toxines.
  • Fruits + Huiles + Oléagineux (noix) est un mélange incompatible et lourd à digérer, encore une fois.
  • Certains fruits ne sont pas compatibles ensemble (doux et acides, par exemple)
  • Le Citron n’est pas bénéfique pour tous, par exemple pour ceux ayant des troubles digestifs, un trouble du Dosha Pitta
  • Le Cru n’est non plus pas bénéfique pour tous, idem pour les personnes ayant un désordre digestif et un déséquilibre des Doshas
  • Cette recette est globalement de nature Froide, ce qui la rend impropre à consommer lorsque le feu digestif est faible (tendance a constipation, gaz, ballonnements, irrégularités, sensation de lourdeur, etc.) et lorsque vous vivez en climat froid.+

Cette recette, contrairement à ce qu’elle clame n’est pas du tout digeste mais plutôt difficile à digérer. Si vous la digérez mal, alors vous êtes mal nourrit, donc en effet vous allez perdre du poids car aucune nutrition n’en ressort.

Au début, vous allez avoir une sensation de bien-être, le catabolisme va augmenter ce qui favorisera également peut-être une perte de poids superficielle. Mais ce n’est qu’initialement.

Si vous continuez à la consommer de manière régulière et sur du long terme, l’anabolisme va devenir prioritaire et le poids va inévitablement augmenter, conduisant à une digestion chamboulée, et un désordre métabolique, qui sera d’autant plus sérieux que si vous essayez ensuite de changer d’alimentation et d’habitudes cela sera difficile.

Conclusion

Écoutez votre corps et le bon sens, ne suivez pas les tendances. Renseignez-vous surtout avant de vous lancer dans ces nouvelles modes, allez selon votre intuition, essayez doucement ce qui vous tente vraiment et voyez si cela vous convient ou non, mentalement et physiquement.

Aucune vérité ne peut être générale, ne lisez pas la perte de poids qu’a expérimenté cette inconnue ou les multiples témoignages vantant les bénéfices, car vous êtes unique.

Votre perte de poids, votre vitalité, nécessite probablement une autre approche, personnalisée, adaptée, adéquate, Ayurvédique.


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne