Le poids des estimes

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«Nous savons ce que nous sommes, mais nous ignorons ce que nous pourrions être»

–William Shakespeare

 

Vivons-nous pour nous ou pour les autres ? Ceci est je l’admets, une question simple à première vue, mais elle est essentielle pour mieux nous comprendre. Si nous prenons le temps de faire le bilan de nos expériences, entrent-elles en résonance avec ce que nous sommes réellement ? La majorité de nos choix de vie a été consciencieusement réfléchit selon plusieurs modalités mais celle qui ressort le plus souvent est l’intensité de l’impact sur les autres. Si j’opte pour cette voie, que va dire untel ? Que va-t-il/elle penser? Cela va-t-il/elle le/la blesser ?

Autant de questionnements qui feront à priori modifier vos décisions finales afin de vous contenter vous-même, mais surtout afin de satisfaire les autres. Bien entendu, je ne dis pas de ne pas écouter les conseils souvent riches en enseignements de vos proches, il faut les prendre en compte et les assimiler, mais il ne faut pas omettre que c’est à vous, et à vous seul(e) de prendre la décision finale concernant votre vie.

Comment pouvons-nous alors vivre pleinement sans s’obstiner à vouloir plaire ?

 

Nous ne pouvons vivre pleinement nos vies sans une réelle prise de conscience (et de connaissance) de soi. Plaire à autrui n’est qu’un artifice, un simulacre. Vivre c’est agir, interagir avec l’autre sans aucun jugement ni attente.

Nous cherchons tous la conformité, car dans notre société aujourd’hui, la différence porte un lot incommensurable de difficultés. Mais être conforme, répondre aux attentes, être estimé, est-ce réellement en adéquation avec la vie que nous voulons au fond de nous ? La réponse à cette question est en chacun de nous et c’est en prenant conscience de soi que l’on parvient à ouvrir les premières pages du livre que nous sommes.

La connaissance de soi en réponse

 

Ce que j’appelle le poids des estimes, c’est l’ensemble des attentes émanant de la société, de nos proches, de nos obligations, qui pèse sur chacun de nous, consciemment et inconsciemment. Il parait évident que nous ne pouvons nous détacher totalement de ce poids, mais il est possible de l’alléger progressivement pour mieux cerner nos réelles attentes envers nous-même. La connaissance de soi est indispensable au bien-être et à l’épanouissement personnel; et rayonner pour soi, c’est automatiquement rayonner pour les autres. Il est peut être compliqué de le concevoir mais nous sommes la personne la plus importante de notre vie (et ceci est totalement différent de l’égoïsme). C’est ici le cheminement vers une réelle estime de soi pour soi, et de ce fait, s’estimer, c’est estimer l’autre.

Mon souhait est que chacun d’entre nous prenne conscience des potentialités quasi infinies que la vie nous offre à chaque instant. Il prend peut être de moins en moins de place dans notre quotidien, mais ouvrons la porte à l’Amour: l’amour de soi, l’amour de l’autre, l’amour des autres. Lorsqu’il y a véritable amour dans tout ce que l’on entreprend, il n’y a pas d’attente, pas de peur d’être jugé, de ne plus être estimé.

Cet amour doit passer par l’éducation, comme le soulignait Jiddu Krishnamurti dans son ouvrage De l’éducation, dont nous aborderons les idées dans l’article Le rôle de l’éducation et les attentes placées en nous dès la naissance .

Auteur(s)
Joël Brault, Intervenant jeunesse et Conseiller en éducation à Montréal – Janvier 2016.