Cessez le tourisme spirituel

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La spiritualité de nos jours a pris tellement de mots pour se confondre : énergie, mysticisme, ésotérisme, éveil, conscience, méditation, Yoga, que l’on ne sait plus réellement ce que sait ni où la trouver ou comment la vivre et l’appréhender.

On ne sait plus quel livre lire, quelle technique utiliser, pour accéder à une sorte d’éveil, de guérison, de connaissance.

Il est évident qu’une grande partie d’un savoir inné et ancestral est perdu et que beaucoup de choses sont à redécouvrir et comprendre, cependant, comme l’homme l’a toujours fait, il va chercher ce savoir à l’extérieur, où bien sûr il ne trouvera rien.

Une Quête…

La spiritualité, c’est tout simplement être. Vous êtes un être spirituel, c’est votre Nature.

Nous vivons dans l’illusion que le bonheur réside à l’extérieur, dans nos possessions ou l’opinion des autres, ou dans un Dieu extérieur à nous qui selon son vouloir nous aidera ou nous parlera.

On essaye de nous vendre produits, talismans, livres secrets, outils, baguettes, rituels, pendules, formules, cours et formations en tout genre sur tout et n’importe quoi qui n’ont pas plus d’intérêt que d’accessibilité. On nous dit que l’on va nous expliquer l’inconnu, mais si c’est inconnu, qui peut prétendre le connaitre? Il y a une grande dichotomie. La seule connaissance est que tout est connu de votre Âme et que vous y avez accès si vous le souhaitez.

On se cherche des maitres à penser, des gurus, des sages; et ils sont nombreux, prêts à nous convaincre que seule telle ou telle pratique nous apportera l’illumination, la paix ou la guérison. Mais nous sommes déjà illuminés, nous sommes notre propre Soleil.

Cela n’amène que la quête d’un idéal, et qui dit idéal dit perfection, dit frustration, car la perfection n’est pas de ce monde. Ce qui est parfait c’est notre humanité, notre divinité, et tous les champs des possibles quand la perfection est impossible. Tout ce que nous sommes est précieux et déjà aimé, déjà amour. Comme si notre humanité était négligeable, détestable presque à éradiquer, pourtant c’est ainsi que nous avons aussi été créés, et c’est tout cela qu’il nous faut embrasser et chérir.

Et l’on assiste à une population de gens qui se croient « éveillés », « conscients » ou riches de connaissances parce qu’ils ont tel diplôme ou suivi tel enseignement, appris quelques techniques secrètes (et souvent coûteuses bien évidemment) pour accéder au Divin, communiquer avec les esprits de la Nature ou autre. Toutes les personnes qui se disent éveillées portent donc un jugement, se mettent une étiquette. Ce qui est totalement illusoire bien évidemment.

Comme si tout cela était réservé a une élite privilégiée qui serait détentrice de connaissances complexes, occultes et ainsi donc supérieure (vive l’Ego), décourageant tous ceux qui cherchent avec la simplicité de leur cœur et qui pensent avoir peu de moyen et de dons à leur disposition alors qu’ils ont l’essentiel.

La comparaison est quelque chose qui est courant à notre époque. La seule personne avec qui vous comparer n’est vous-même, mais l’idéal est de ne pas comparer du tout, car toute comparaison implique forcément un jugement dissociatif entre deux états.

Il n’y a pas besoin d’accéder au Divin, vous êtes Divin.

Tout comme la médecine a infantilisé les patients en les rendant dépendant de médicaments , les religions et certains mouvements spirituels actuels ont infantilisé les « disciples » ou « croyants » en les rendant plein de dogmes, pré conceptions, fausses vérités, concepts qui non seulement annihilent l’esprit critique mais l’accablent en disant l’élever.

De même, les modes de santé actuelles nous disent qu’il nous faut des outils très chers pour manger sain (extracteurs hors de prix, omni cuiseurs, dynamiseurs d’eau, etc.), ainsi les modes spirituelles nous disent qu’il nous faut des outils pour atteindre Dieu, ou un éveil.

On voit alors apparaitre toute une population de gens accablés de ne pouvoir « entendre » les messages, faire des projections astrales, frustrés de ne pas arriver à « méditer », de ne pas arriver à pratiquer une posture gymnastique de Yoga, et l’on voit des personnes mourant pour Dieu ou passer des jours à jeûner en son nom, mais où va l’humanité ?

…qui ne mène qu’a soi

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Ne soyez pas découragés ou perdus, vous n’avez besoin de rien pour communiquer avec la Source, avec votre Âme,  avec la Nature et ses Esprits. Si tant est que vos intentions sont pures, altruistes. Dieu, la Source, l’Univers, nommez le comme vous souhaitez, est toujours en constante communication avec nous, est toujours en nous.

« Ce n’est pas la Nature qui est muette, c’est l’Homme qui est sourd. » – Terence McKenna

La question n’est pas « A qui Dieu parle? » Mais: « Qui écoute? »

Alors vous allez me dire, mais je n’entends rien.

C’est faux. C’est parce que vous vous attendez à entendre quelque chose, d’une quelque manière, que nous n’entendez pas ce qui est dit, ni comment cela est dit.

Il faut cesser de s’identifier à notre métier, notre rôle, notre famille, même notre couple, nos possessions. Cessez de vouloir s’éveiller comme s’il y avait d’un coté les éveillés, les conscients, et d’un autre les ignares.

Si vous vous dites éveillé c’est qu’il y a donc des non-éveillés, ce qui implique un jugement, ce qui implique que vous n’êtes pas dans l’éveil du tout, car sinon vous sauriez que tout et Un et que l’autre c’est vous et que la notion de Mal et de Bien est une illusion.

De plus, vous cesseriez de vouloir éveiller les non-éveillés même si vous dites le faire par amour ou pour leur bien.

L’on pense que l’amour nous donne des droits sur les personnes que l’on aime, mais l’amour nous donne surtout des devoirs et des responsabilités. La responsabilité de laisser la personne libre de ses choix, de son chemin. Lorsque l’on pense assister ou guider, on infantilise, on prive la personne de son pouvoir et de son autonomie. Cela ne veut pas dire que l’on ne peut pas la conseiller ou l’éclairer, mais qu’on doit le faire et laisser. Les messages, s’ils sont justes et appropriés pour la personne feront toujours écho, quelque part, de quelque façon.

En médecine Ayurvédique, chaque personne nait avec une certaine énergie spirituelle, Tamas (inertie)/Rajas(action)/Sattva(pureté). Souvent, Rajas est associe au négatif pourtant, comme tout, c’est tout simplement un constituant essentiel. La pluie n’est ni pire ni meilleure que le soleil, elle est différente et essentielle tout simplement. Il n’y a ni bien, ni mal, tout est une question de jugement que l’on doit abandonner pour retrouver l’Unité.

Lorsque l’on fait confiance à soi-même, lorsque l’on s’aime, alors on fait confiance à la sagesse qui nous a créé.

Comprenez-moi, je révère l’importance d’outils, lectures et pratiques et je cultive la redécouverte d’anciens savoirs, et de partages et d’apprentissages avec le cœur et l’authenticité.

Mais n’oubliant pas qu’à travers ma quête, c’est moi même que je cherche et que je ne fais que ramener à la surface des réponses que j’ai déjà en moi jusqu’à ce que j’ai assez d’ouverture et de ressenti pour n’avoir plus besoin que moi-même et mon intuition pour me guider.

Il s’agit non pas de consommer et d’acheter de la « spiritualité » comme on achète tout aujourd’hui mais plutôt d’aller vers une reconnexion innocente, vraie, simple, enfantine, au-delà de tout conditionnement. On vous apprend depuis petit tant de connaissances comme autant de conditionnements, ne faites pas de même avec la spiritualité, au contraire, revenez à l’essentiel, épurez-vous, allez à l’intérieur, retrouvez votre plein potentiel, celui qui vous est propre sans régurgiter ce que vous avez lu ou ce que l’on vous a inculqué. Faites votre propre expérience du Divin, redécouvrez-vous et vous serez surpris de voir combien de miracles se produiront dans votre vie car vous êtes Co créateur de celle-ci.

sea-treasures028 Une vieille légende hindoue raconte qu’il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette.

Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci :

— Enterrons la divinité de l’homme dans la terre.

Mais Brahma répondit :

— Non, cela ne suffit pas, car l’homme creusera et la trouvera.

Alors les dieux répliquèrent :

— Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans.

Mais Brahma répondit à nouveau :

— Non, car tôt ou tard, l’homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu’un jour, il la trouvera et la remontera à la surface.

Alors les dieux mineurs conclurent :

— Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d’endroit que l’homme ne puisse atteindre un jour.

Alors Brahma dit :

— Voici ce que nous ferons de la divinité de l’homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c’est le seul endroit où il ne pensera jamais à chercher.

Depuis ce temps-là, conclut la légende, l’homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé, à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

 Emmanuelle Soni-Dessaigne


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