La Santé parfaite

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(Intervenant:) « Après une cure Ayurvédique, ou à force de faire efforts sur efforts concernant l’alimentation ou le sport, ou même méditer, …vais-je enfin avoir la santé Parfaite? »

(E.D:) « Je vais vous parler de mon expérience.

Il y a maintenant plus de 10 ans je me lançais dans ce que l’on nomme bien-être. Alors quand on se lance là-dedans, on comprend vite qu’il y a autant de courants, de techniques, de méthodes et de postulats qu’il n’y a de planètes. On lit tout et son contraire, et l’on finit par comprendre que tous ces courants sont trop récents pour avoir l’intelligence nécessaire à saisir la subtile alchimie corps/esprit et il me semble que nous jouons a l’apprenti chimiste tout en érigeant nos pseudo-découvertes en affirmations.

Si vous passez quelque temps sur Internet ou divers magazines vous allez trouver des informations du type :

  • Manger tel aliment tous les jours et regardez ce qui va se passer
  • Les bienfaits de tel ou tel superaliment
  • Mangez ce végétal il règlera tous les problèmes
  • Incroyable le cannabis et l’huile de coco pour tuer le cancer
  • Le régime X ou Y
  • Cure de ceci et de cela

Nous sommes passés d’un extrême à un autre. De l’omniprésence de la nourriture industrielle à la quête de pureté et de perfection. Dans les deux cas la mortification du corps pour l’Ego.

Si vous cessez d’acquiescer aux diktats qui nous sont présentés régulièrement, vous verrez que la  plupart des méthodes et courants prêchés à présent ont été créés, développés ou répandus entre 1900 et 2000

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et que soit:

-Ils sont basés sur quelques études et on en a fait une généralisation tout en manquant de paramètres

-Ils sont basés sur des anciennes peuplades ou un groupe d’individu d’origine spécifique sans prendre en compte les conditions de vie différentes, etc. (ex : régime méditerranéen, Okinawa,etc. )

-Ils sont basés sur une personne ou un ensemble d’individus, quelqu’un a trouvé quelque chose qui marche pour lui/elle et quelques autres et en a fait une doctrine et un système (ex : Seignalet , Gerson, Kousmine, Atkins pour ne citer qu’eux)

-Ils sont basés sur un principe (jeûner, manger cru, manger cuit, manger à certaines heures…) mais le problème survient dès lors que l’on tente d’ériger un principe en vérité générale. Un principe doit rester confiné à ses dépendances à savoir : Pour qui, quand, quoi, comment, combien, etc.

Tout cela nous laisse souvent perdu, confus, accablé.

Alors après avoir testé une infinité de choses sur ma personne,  et ne trouvant aucune réponse, ou du moins jamais à long terme, comme avec tout ce qui nous arrive, il nous incombe de tourner le regard vers l’intérieur. Vers l’unicité de notre être et son union avec tout ce qui est.

Comprendre que la vie est quelque chose qui nous tient bien au-delà de notre corps, qu’il est une force qui régit nos cellules au-delà de ce que nous mangeons ou buvons.

Je me suis donc attachée aux médecines ancestrales, dont l’approche est holistique et la science éprouvée, je citerais la Médecine chinoise, l’Ayurvéda ou encore la Médecine Maya mais il y en a d’autres. Toutes ont en commun une profonde connaissance de la nature et de son interaction si complète et si subtile avec nous.

Et toutes ces médecines, pour parler de santé, définissent les points suivants :

Cesser de croire qu’il faut faire un effort. Qu’il faut faire 12 heures de sport et manger 3 carottes. Le plus grand effort que nous ayons à faire est sur notre mental. Mais cela n’est même pas un effort du tout c’est une prise de conscience. Si vous pensez encore que le corps dirige et que votre mental suit vous vous trompez sur la présidence. Votre esprit, votre âme, préside à tout déploiement qui survient dans votre vie. Si vous voulez avoir la santé, ce que vous n’avez peut-être pas actuellement, il vous faut être ce que vous n’êtes pas actuellement. Pas faire, être. Et avant tout être simplement en paix. À partir de la seulement tout change. Manger ce chocolat ne vous tuera peut être pas mais la tristesse, le stress, les attentes, les conflits intérieurs, si.

Chaque être est unique. Il n’y a pas de « norme ». Ne soyez pas à la merci de sources d’informations vindicatives ou de prédicateurs de santé mais utilisez votre esprit critique, gardez ce qui fait du sens pour vous. Là. Au corps. Au cœur. Pas dans la tête. Ce qui est parfait c’est ce qui est parfait pour vous. Nous avons tendance à nous projeter, dans une version de nous-même que l’on aimerait ou croire que l’autre personne est en meilleure santé, plus mince, plus athlétique, que sais-je. C’est une illusion. Chaque nature est différente, et il n’est pas question de comparer. Chaque personne a une constitution différente avec ses caractéristiques, et la santé c’est de se connaitre assez pour savoir jouer avec.

Ce qui m’amène à mon troisième point, la santé c’est un état d’adaptabilité, d’improvisation. Quand on connait notre nature, nos tendances ou notre état actuel de santé en fonction des circonstances de vie, alors nous savons ajuster. Chaque jour est différent. La santé ce n’est pas un état d’immuabilité. Cet état qui serait suspendu a un temps T ou vous pourriez vous dire -ah, là, tout est parfait- n’existe pas. La vie est mouvement. Nous voulons trop souvent soit que les choses changent soit qu’elles ne changent pas, que diriez-vous si l’on ne faisait ni l’un ni l’autre et si l’on se satisfaisait de ce qu’elles  sont ? Prévenir tout changement c’est prévenir la vie de venir nous secouer, nous interpeller, nous émerveiller, nous rencontrer.

Toute « imperfection » est « opportunité ». Chercher la santé parfaite c’est vouloir prévenir toute « maladie » comme si nous méditions pour pouvoir prévenir toute pensée or la méditation ce n’est pas pour s’endormir, mais pour se réveiller, de même toute maladie est une opportunité si on la saisit en conscience, elle amène une transformation non seulement pour la personne mais pour son entourage. Chaque évènement qui se produit dans nos vies a sa raison d’être, il y a un avant et un après, et que bien que sur l’instant  nous soyons dans la frustration ou la colère, il y a toujours quelques lumières que cela éclaire en nous. Je pense que les étoiles et la lune sont venues pour éclairer la nuit, et qu’elles en sont la beauté et la vision. Je pense que nos voiles de noirceur nous poussent à  voir plus loin et différemment, si tant est que l’on regarde avec les yeux de l’âme. Combien de patients, de proches, ai-je connu qui pourraient témoigner de ce que la maladie a apporté, de rencontres, de moments singuliers, de ressources en soi.

La santé réelle pourrait donc être (liste non exhaustive évidemment):

-quelque chose qui n’appartient à aucune norme et ne tient aucune comparaison

-quelque chose qui demande moins un effort externe qu’une conscience interne

-quelque chose qui n’est défini que pour vous

-quelque chose qui vit avec le quotidien car chaque jour est neuf

-quelque chose qui n’est pas figé mais accepte tout aléas  et toute évolution comme humaine et opportune

 

La santé parfaite n’existe pas. La santé, c’est un état de grâce, d’amour et de partenariat entre notre corps et nous, cette union qui cherche son équilibre jour après jour.

La santé parfaite c’est d’abord se libérer de cette obsession de la chercher.

Votre corps n’est rien sans vous.

Ni sa menace ni son salut ne viendront de l’extérieur.

Votre corps est en santé dans la proportion de votre amour de vous-même, du monde et de la vie. »

 

Emmanuelle Soni-Dessaigne