L’âme & l’Ayurvéda

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Le Carakasaṃhitā est l’un des plus anciens et plus importants textes faisant autorité en Ayurvéda et reconnu mondialement comme précurseur des connaissances modernes en matière de santé de manière parfaitement holistique.

Édifice théorique fondateur de ce système et cette médecine, c’est la compilation et réécriture en Sanskrit d’un texte perdu, l’Agnivesha Tantra, dont on dit qu’il était la transmission concise et au possible exhaustive de la connaissance du monde sur tous les aspects de l’homme et de la vie humaine.

Au-delà de considérations scientifiques, herbologiques et médicales, de nombreux chapitres parlent de cosmogonie, création du monde et « spiritualité ».

Dans cette ère transitionnelle où nous sommes, entre fin du monde matérialiste et nouveaux paradigmes, voici un extrait qui a tout son poids et que je souhaitais vous traduire:

« Sur cette question (l’existence de l’âme), l’homme sage devrait cesser toute attitude négative et même le scepticisme.
Pourquoi ? Parce que le visible est limité ; alors qu’existe l’invisible dans un monde illimité et vaste dont nous avons la preuve par les textes anciens et sacrés, l’inférence et la raison.

De fait, les informations fournies par les sens en observation directe sont limitées. Même un objet qui serait perceptible dans un champ d’observation  peut échapper à l’observateur sous diverses conditions : trop près ou trop loin de l’observateur, si la vue est obstruée par un autre objet, si l’organe des sens qui le perçoit est défectueux, si l’observateur détourne son attention, si l’objet se confond dans la masse, s’il est caché par autre chose, s’il est microscopique, etc.

Ainsi, il est infondé de dire et d’affirmer que seul le visible existe et rien d’autre.

Ce système de croyance doit être mis de côté car il est conflictuel avec la raison et la science.

En réponse à ceux qui maintiendraient que la vie est un phénomène « matériel », sans cause ni raison exogène, nous disons qu’il ne peut y avoir de vie sans que tout y conjugue et qu’une action (volonté) antérieure prenne part, loin de la théorie « matérialiste ». L’élément de la conscience – l’âme, sans début ni fin, est le produit de rien et la cause de tout. »

 

Source:
Carakasaṃhitā चरक संहिता  – Chapitre 11 –Sutra Sthana 7/8(1)/8/12/13 sur la preuve de l’existence de l’âme.