L’Amour est un Jardin

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Que savez-vous de l’Amour ? Qu’avez-vous fait de l’Amour ?

Vous vous attachez à quelqu’un qui n’existait pas avant puisqu’il/elle n’était pas dans votre vie, et vous la lui remettez soudainement.

Vous lui refilez le sac de vos responsabilités, de vos doutes, peurs, attentes.

Et vous attendez qu’un miracle se passe. Que tout ce qui était vide en vous se remplisse, que tout ce qui était éteint s’allume.

Vous cherchez quelqu’un qui vous comblerait,  de qui vous pourriez dire avec lui ou elle tout va changer.

Et puis rien ne change et vous vous retrouvez aux pieds de vos illusions, de vos projections, puisque finalement c’est la même chose, les circonstances et la personne diffèrent mais les problèmes restent les mêmes.

Voyez, l’être humain se plait dans deux attitudes.

Fuir ses responsabilités ; nous mettons notre santé dans les mains du médecin, nous mettons nos habitudes sur le dos de la société, nous mettons notre spiritualité dans les dogmes de la religion, nous mettons nos états d’âme et de cœur sur l’autre.
Ou bien porter ce dont il n’est pas responsable ; avoir peur de laisser l’autre mais en même temps souffrir d’être avec, persévérer dans une relation dans l’espoir de le/la modeler selon ce que l’on pense être mieux mais en même temps sentir que l’on donne autant que cela coûte.

Et vous allez de bras en bras attendant que les prochains viennent panser les étreintes douloureuses du précédent. Vous cherchez quelqu’un pour vous compléter alors que vous ne devriez vouloir que quelqu’un qui vous montre que vous l’êtes déjà.

Comprenez que c’est une recherche vouée à l’échec si dans notre cœur nous n’avons pas préparé assez la terre pour le/la recevoir. Que la relation que vous avez avec l’autre est le reflet de la relation avec vous-même. Si vous ne pouvez pas vous rendre heureuse ou heureux vous-même, personne ne le pourra aussi merveilleux(se) qu’il/elle puisse être.

L’amour n’est pas quelque chose qui s’acquiert mais quelque chose qui se transmet.

Il ne circule pas de l’extérieur vers l’intérieur mais de l’intérieur vers l’extérieur.

L’amour n’est pas cette figure sur laquelle vous l’attachez et qui viendrait vous encenser ou combler vos dépendances, vos mésestimes, vos doutes, sinon vous devenez tout simplement esclave de cette personne : condamné à vivre sous sa grâce ou ses humeurs, sa validation ou ses remontrances, sous le joug de toutes ces fluctuations – et nous en avons tous. Vous ne voulez pas chuter avec elle lorsqu’elle s’effondre, mais avoir assez de force et de stabilité pour garder votre constance et même pouvoir la soutenir.

Alors au Canada, j’ai appris une autre façon de dire je t’aime. Là-bas, ils disent « être en amour. »

Je suis en amour avec toi.

Donc, je suis en amour avec tout.

En amour avec la Terre, en amour avec la Vie, et en amour avec mes peurs, mes doutes.

Il faut d’abord aimer cela avant d’aimer quelqu’un. Il faut d’abord apprendre à vivre sous notre propre regard, car l’autre ne fait que mettre en lumière cela. L’autre n’est toujours qu’un révélateur des profondeurs auxquelles nous nous aimons.

Ultimement, votre âme-sœur c’est vous.

J’entends : j’aime cette personne mais je n’aime pas ce trait de caractère. J’aimerais qu’il/elle change. Quand tout va bien nous sommes bien ensemble mais lorsque nous avons un conflit nous ne parvenons plus à nous comprendre, notre amour s’étiole.

Quelle est cette partialité ?

Vous ne pouvez pas dire j’aime la rose mais je n’aime pas les épines.

Vous ne pouvez pas dire j’aime mon jardin au printemps mais quand vient l’hiver je ne sais plus quoi en faire.

Vous ne pouvez pas dire je quitte une relation parce que l’amour n’est plus là.

Lorsque l’on a vraiment aimé l’on ne peut désaimer.

Il vous faut dire je quitte une relation parce que je m’aime assez pour le faire, et parce que j’aime assez l’autre pour ne pas lui offrir une version de moi-même qui ne nous convient plus ensemble. Parce que j’aime assez l’autre pour lui laisser toute sa place et m’offrir la mienne dans un espace qui me correspond et qui n’est plus commun.

Je ne suis pas ta faute et tu n’es pas la mienne.

Lorsque la saison est finie, l’on doit faire à l’Amour comme nous faisons à la Terre.

On la remercie pour les fruits qu’elle nous a apportés, qui ont été mangés, partagés, qu’ils soient amers ou doux, et on retourne à la Terre le reste de ceux-ci.

De même, il vous faut remercier pour l’amour qui a été échangé, et faire riche un autre amour de celui-là, car toutes nos expériences sont le terreau des prochaines et des fruits qu’elles porteront.

L’amour est un jardin.

-Emmanuelle Soni-Dessaigne