Alcool, drogues & Ayurvéda

visha

 

En médecine Ayurvédique, toute substance susceptible de produire un effet toxique à long terme ou immédiat est nommée « Visha ».

De nombreux poisons tombent sous cette appellation tel le venin ou le cyanure, mais aussi de nombreux plus communs comme l’alcool, le vin, le tabac.

On y classifiera aussi toute substance minérale, végétale, animale contaminée, et toute combinaison alimentaire impropre ayant résulté en fermentations et toxines.

Le terme « Visha » signifie littéralement « qui envahit, qui occupe » mais aussi « qui attriste ». On le traduit généralement par « qui menace la vie et promeut la tristesse. » On trace les premières références à de telles substances dans les Vedas (textes les plus anciens et sacrés de l’Inde) et autres textes significatifs tel le Mahabharata et le Ramayana. La toxicologie et pharmacopée relative aux poisons était profondément utilisée dans l’Inde ancienne et de nous jours encore, comprenant que si une substance est à même d’avoir une telle puissance pour ôter ou affecter la vie, une fois purifiée et transformée par un procédé alchimique, elle aura le même potentiel mais cette fois pour rendre ou régénérer la vie. Loin de là l’idée de les banir donc.

Les procédés de purification des poisons (Shodhana) ainsi que les manières adéquates de les administrer sont largement détaillées dans les textes classiques. Dans la littérature Chinoise ancienne on retrouve également une approche similaire, par exemple en ce qui a trait à la purification de diverses herbes tel nux-vomica. Il y est mentionné que la toxicité s’en trouve réduite et le potentiel accru. Ceci étant attribué aux changements qualitatifs et quantitatifs dans le profil phyto-chimique suite aux procédés de transformation. Communément encore sont purifiés pierres précieuses et métaux, dont les cendres (Bashma) sont utilisées en médecine Ayurvédique pour le traitement de maladies avancées.

Par exemple, l’Aconite (Vatsanabha) qui sous forme brute peut déclencher un arrêt cardiaque, une fois purifiée, deviendra tonique et régénérante des fonctions cardio-vasculaires.

En ce qui nous concerne, il convient de comprendre comment donc des substances « Visha » incluant l’alcool, le tabac, le cannabis ou autres drogues sont potentiellement nocives ou bénéfiques et quels sont leurs effets sur le corps.

Cela tient principalement en deux termes : Vyavayi et Vikasi.

Deux propriétés puissantes qui poussent à mesure et précaution :

  • Vyavayi : À l’image d’une goutte d’huile qui se répandrait sur une étendue d’eau, cette propriété fait que la substance ingérée se répand immédiatement dans le corps avant d’être digérée, elle est d’abord dispersée puis digérée. Elle accède aux tissus profonds et aux méridiens les plus fins.
  • Vikasi : Pour que cette dispersion rapide puisse avoir lieu, la propriété Vikasi entre en œuvre. Elle ouvre les canaux de circulation d’énergie et à la fois brise l’architecture du corps et les liens entre les différents éléments de celui-ci (plasma, sang, os, moelle, etc.) impactant donc leurs fonctions et organes associés. Alors, si la première sensation sera de l’ordre d’un sentiment de bien-être, d’ouverture, de clarté ou de légèreté, sa nature coupante, tranchante et pénétrante aura tôt fait d’assécher, d’émacier et de détériorer le corps et l’esprit. Une fois que le déséquilibre est profondément installé, il devient très difficile de rétablir l’ordre naturel, d’autant qu’une autre propriété favorisant l’addiction entre en jeu (Madavaha).

(La liste complète des propriétés est détaillée dans le tableau ci-dessous en référence aux livres/auteurs qui les ont identifiées.)

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Ainsi, toute substance Visha, prise de façon judicieuse et adéquate pour telle ou telle condition sera extrêmement bénéfique, et à l’inverse prise de manière inappropriée et régulière, viciera le sang et tous les Doshas (composants élémentaires du corps), nous enchainant dans une énergie de léthargie, de tristesse ( Tamas ).

Les alcools ( Madya ) et fumées médicinales ( Dhuma ) sont largement utilisés en médecine Ayurvédique mais sous forme médicamenteuse et ponctuelle, loin de l’usage qui en est fait sous les latitudes occidentales.

 

Source
Concept of Visha and its pharmacological basis in Ayurveda – Bhide Bhargav , Acharya Rabinarayan Dept. of Dravyaguna, IPGT & RA, Jamnagar, Gujarat, India
Astanga Hridayam

Miam-Ô-Fruit : recette tendance, sans bon sens

miamfruits

Si vous êtes tenté(e)s d’essayer cette recette qui fait plutôt fureur prônant perte de poids, vitalité, transit, etc. voici la vision Ayurvédique éclairant pourquoi elle est impropre à consommer de manière régulière et sur du long terme.

Aujourd’hui, il existe une infinité de modes « Santé » qui pour la plupart ne sont pas du tout adaptées pour chacun.

D’une part, parce qu’elles n’ont pas plus d’un siècle de recul, ne pouvant prouver ce qu’elles avancent, quand l’Ayurvéda est une sagesse et science de la Vie multimillénaire.

D’autre part, elles clament tel ou tel bénéfice se penchant sur le contenu vitaminique, calorique, nutritionnel, et ceci d’une manière généralisatrice, comme si cela était adapté pour tout le monde. L’Ayurvéda comprend qu’un aliment a différents paramètres à prendre en compte ( Rasa, Guna, Triguna, Prabhava, Virya, Vipaka,etc. ) et non seulement son profil scientifique.

Surtout, ce qui fait la beauté et la clef de cette compréhension, c’est qu’elle est mise en application dépendamment de la personne, selon son âge, sa constitution, son état de sante, sa digestion, et plusieurs autres critères qu’un praticien en Ayurvéda saura discerner.

Revenons donc à cette recette qui se prépare comme suit:

  • 1/2 banane écrasée à la fourchette jusqu’à la rendre liquide et légèrement brune
  • 2 cuillers à soupe d’huile de colza bio ou une cuiller à café d’huile de lin + une cuiller à soupe d’huile de sésame crue non toastée. On émulsionne l’huile dans la banane, on ne doit plus voir l’huile.
  • 1 cuiller à soupe rase de graines de lin broyées finement
  • 1 cuiller à soupe rase de graines de sésame broyées finement
  • 1 cuiller à soupe d’un mélange de 3 autres graines broyées (cajou, arachide, noix, noisette, tournesol, pépin de courge, etc. au choix)
  • 2 cuillers à café de jus de citron frais
  • Plusieurs fruits ou morceaux de fruits différents : pomme, poire, kiwi, papaye, mangue, litchi, longane, ramboutan, ananas, fraise, framboise, fruit de la passion, fruit du dragon, groseille, prune, mirabelle, pêche, abricot, mûre, airelle, corossol, pomme cannelle, etc….selon la saison et le lieu.

Démystifions-la

  • Les bananes sur estomac vide/à jeun bloquent et ferment les méridiens, ou canaux d’énergie subtils et vitaux
  • Les bananes sont lourdes à digérer et impropres à consommer en climat froid. Elles peuvent aggraver le Dosha Kapha et/ou les toxines.
  • Fruits + Huiles + Oléagineux (noix) est un mélange incompatible et lourd à digérer, encore une fois.
  • Certains fruits ne sont pas compatibles ensemble (doux et acides, par exemple)
  • Le Citron n’est pas bénéfique pour tous, par exemple pour ceux ayant des troubles digestifs, un trouble du Dosha Pitta
  • Le Cru n’est non plus pas bénéfique pour tous, idem pour les personnes ayant un désordre digestif et un déséquilibre des Doshas
  • Cette recette est globalement de nature Froide, ce qui la rend impropre à consommer lorsque le feu digestif est faible (tendance a constipation, gaz, ballonnements, irrégularités, sensation de lourdeur, etc.) et lorsque vous vivez en climat froid.+

Cette recette, contrairement à ce qu’elle clame n’est pas du tout digeste mais plutôt difficile à digérer. Si vous la digérez mal, alors vous êtes mal nourrit, donc en effet vous allez perdre du poids car aucune nutrition n’en ressort.

Au début, vous allez avoir une sensation de bien-être, le catabolisme va augmenter ce qui favorisera également peut-être une perte de poids superficielle. Mais ce n’est qu’initialement.

Si vous continuez à la consommer de manière régulière et sur du long terme, l’anabolisme va devenir prioritaire et le poids va inévitablement augmenter, conduisant à une digestion chamboulée, et un désordre métabolique, qui sera d’autant plus sérieux que si vous essayez ensuite de changer d’alimentation et d’habitudes cela sera difficile.

Conclusion

Écoutez votre corps et le bon sens, ne suivez pas les tendances. Renseignez-vous surtout avant de vous lancer dans ces nouvelles modes, allez selon votre intuition, essayez doucement ce qui vous tente vraiment et voyez si cela vous convient ou non, mentalement et physiquement.

Aucune vérité ne peut être générale, ne lisez pas la perte de poids qu’a expérimenté cette inconnue ou les multiples témoignages vantant les bénéfices, car vous êtes unique.

Votre perte de poids, votre vitalité, nécessite probablement une autre approche, personnalisée, adaptée, adéquate, Ayurvédique.


Partager c’est prendre soin.

Merci de partager l’information et de contribuer a la diffusion d’enseignements Ayurvédiques authentiques pour la Santé et la Vie.

-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Le jeûne en Ayurvéda

fasting

Fasting is used since ancient times for spiritual rituals for purification, religious meanings, and quest of longevity and health as well as mental challenges.

Recent scientific investigations confirm the value of fasting and prove its importance as a mean that can help to find health.

But, just like with each tool, it is not to be used by anyone and under any circumstance.

Nowadays it seems like the world is crazy about fasting, claiming it as a cure for almost everything, and almost everyone, which is not only absolutely false but extremely dangerous as well.

In fact, there are multiple ways to fast, applicable only for and under specific conditions, with also precautions to take.

Details.

WHAT IS FASTING?

Fasting is described in all the Ayurvedic classics as Langhana, a method aiming at cleansing and depleting, which opposite is Brihmana, increasing and stoutening.

FOR WHOM?

It is advised for people having:

  • Ama ( toxins )

For people having little Ama it is recommended.

For people having moderate quantity of Ama, it is advised to be used along with Deepana (digestive) medicines.

For people having severe quantity of Ama, only a Panchakarma therapy is advised in order to expel out the toxins and vitiated Doshas at their root.

  • Suffering from light excess weight, Pitta and Kapha predominance, Fever, Vomiting, Diarrhea, heart diseases, constipation, heaviness, nausea, diabetes, skin diseases, etc.

HOW?

Fasting is not as it is claimed to be, eating nothing for some days or weeks.

In all cases, it has to be gradual and evaluated accordingly to how you react to it.

The different types of fasting include:

  • Consuming only light foods (white rice with cooked vegetables, cooked moong or red lentils, cooked fruits etc.)
  • Abstaining from solid and drinking only water or infusions.
  • Abstaining from both food and water.

The easiest way is first and foremost to always eat little less than your appetite, in quietness and chewing well. This way, you ensure an optimum digestion and prevent the creation of toxins, which are only undigested or improperly metabolized food.

Also, always eat only when the previous meal is properly digested. If you still feel heavy and not hungry, skip the meal.

Below are enumerated not exhaustively, the most common and trendy ways to fast nowadays:

  • George Oshawa Macrobiotic diet #7 : eating only brown rice for 7 days
  • Water-lemon-honey fast : fasting for X numbers of days only on this preparation
  • Juice / smoothie fast : fasting for X numbers of days only on juicing
  • Fruits fast : eating only fruits, mostly raw, for X numbers of days
  • Post chemotherapy : fasting for multiples days or weeks in order to remove the toxins
  • Excessive exercises : not eating and training daily
  • Sauna fast : not eating and sweating a lot in order to promote more weight loss
  • Kitcharee fasting : eating only Kitcharee for X numbers of days, generally 3 days to a week.

Those are just fashions. They are far from the ancestral medicines wisdom and only excessive measures that can lead to more diseases and disorders if not applied per your constitution and various factor that only a Dr. or practitioner can assess.

Also, with monodiets, only eating one kind of food for some time the mind starts to reject it hence the food is no longer nourishing and sustaining that is why in the beginning results are seen but with time long lasting troubles are created.

FOR HOW LONG?

Intermittent fasting is the safest and most adequate way to fast.

Actually, there should be between 12 to 14 hours between your last and next meal. It can be done overnight by eating early dinner around 6 or 7 PM, and taking the breakfast between 7 and 9 AM. This way, your body will have time to process the previous day and make you ready and sleep soundly for the coming one.

Long term fasting is not at all recommended neither in Ayurveda nor in Chinese Medicine, no matter the condition of the patient.

It is likely to lead to more imbalanced Doshas and disorders.

Also, one should enter and come out of the fast gradually. Fasting for 3 days and indulging on the fourth will destroy completely all the benefits, if any. Post fasting, you have to be careful for twice the time of the fast, with quantity half than what you used to eat, and the food should be very light starting with warm soups and progressively going to solids.

WHEN?

The season in which one undergo fasting is of extreme importance. Winter is the best time for fasting, for anyone, while Summer is not suitable for it ( it can lead to dehydration, irreversible damage to organs such as kidneys ).

When your body and mind is ready for it, being totally determined for it.

BENEFITS AND DANGERS

Benefits

  • Clarity of senses, sharpeness
  • Wastes and Ama expulsion
  • Lightness and enthusiasm feeling
  • Real hunger

Dangers

Excessive or improper fasting leads to:

  • Deep emaciation or deep obesity
  • Dizziness, vertigo
  • Anorexia
  • Dryness
  • Digestive disorder, lack of digestive strength
  • Loss of functions and senses impaction ( sleep disorder, delusion, poor vision, loss of hearing,
  • Loss of vital energy ( Ojas ) and exhaustion
  • Non elimination ( faeces, urine )
  • Pain in the abdomen and chest
  • Stress, frustration, anger
  • Anorexia and bulimia, eating disorders

MYTHS AND COMMON TABOOS AROUND FASTING

The role of the Ego

I am more than convinced that Ego always comes into play in regards of fasting. The mind can bow the body at its will and often people forget to listen to their body’s signs to pursue their quest, forgetting in the same time that health comes from the alignment of Body and Mind both. The Sage Krishnamurti well describe this in his book, Freedom from the Known. People going to live in the forest, only eating some fruits in order to try to attain some spiritual realms or those who mortify their body in the hope of some enlightenment of God, are merely disconnecting from the Source itself and from themselves.

Fasting & Individualization

Fasting or specific diets should be absolutely personalized and evaluated accordingly to multiple parameters. For one individual, only a soup a day can be his detox plan and for another it would be 3 meals a day with specific food. Your optimal cleansing or health recovering plan can only be optimal if it is personalized, which only an Ayurvedic or holistic practitioner can determine. Such overall global regimen as mentioned above lack of understanding the importance of individualization and often cause much more harms than the benefits they claim.

Fasting & weight loss

In the Ayurvedic view, obesity is mostly a disorder of the metabolism. Eating or not eating is unlikely to solve the problem to its root cause, especially if you see your weight fluctuating randomly. For deep solution and healing, the metabolism must return back to normal and fasting can only weaken the metabolism more. Increasing at first the catabolism but after putting the body into starvation more further increasing the anabolism or weight gain, also called as Yo-yo effect. Ayurveda has a variety of methods for long lasting stable results that would be recommended by an Ayurvedic practitioner, including Panchakarma therapies.

Know that Agni, the digestive fire, is not only responsible for the digestion but also for the cleansing and elimination of accumulated toxins, hence it is not something to play with to follow trends or prove yourself you are up to the challenge. I know, you can be desperate and willing to try a fasting that would fasten your recovery, I have been in that state of mind myself and tried for 21 days, willing to lose some weight. I can only say that not only it did not help on the long run but it distorted my mind and my body and their relationship that only Ayurveda solved…and eating!


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Les « maladies » n’existent pas

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En ces temps modernes troublés, il est important d’ouvrir des horizons et de considérer tous les points de vue avant de poser un “diagnostic” sur une personne. Nous allons parler ici du point de vue de la médecine ancestrale Ayurvédique et de son approche à la fois corporelle et spirituelle. Nous allons parler non dans un but d’opposition mais afin de comprendre les divergences d’approches pour mieux unifier les médecines, élargir la vision et prendre le meilleur de tout ce qui existe en médecine dans une visée intégrative.

Selon la médecine allopathique, les maladies sont regroupées par leurs symptômes et sous des causes dont la terminologie est issue. Un patient ayant donc les mêmes symptômes dans un ensemble se verra désigné comme ayant “X” maladie(s) et devant suivre “X” protocole.  Ainsi, les patients sont pris en charge en fonction du « groupe » de maladie auquel ils ont été diagnostiqué appartenir, un ou plusieurs. Il y aura donc des personnes atteintes du “Cancer”, de “Lyme”, du “Diabète”, etc.

Non que cette appellation n’ai pas de fondement et ne soit pas éclairante, mais elle est limitée dans sa compréhension et par le traitement ou le protocole proposé consécutivement qui est ainsi la plupart du temps le même pour tous (dosage variant et quelques autres paramètres).

En Ayurvéda, l’approche et sensiblement différente. Chaque patient est traité en fonction de ce qu’il EST et non pas de ce qu’il A.

Cette approche est différente dans le sens individuelle et non systémique. Dans cette vision, les symptômes sont une manifestation, et la manifestation d’une personne à l’autre peut, certes, sembler similaire, cependant la cause ainsi que le traitement/protocole qui en découle est toujours absolument individuel.  Ainsi, deux patients atteint de Cancer, de Lyme ou de Diabète d’un point de vue allopathique, n’auront absolument pas les mêmes traitements et ne seront pas diagnostiqués comme ayant la même maladie.

Le système de diagnostic allopathique a ses lacunes dans une générale incapacité de diagnostiquer les maladies bien avant leurs manifestations, car les outils de “dépistage” actuels ne sont pas autant aboutis pour ce faire. De son côté, l’Ayurvéda utilise la lecture du pouls comme diagnostic, méthode non invasive, permettant de détecter les maladies à leur stade précoce ainsi que leur probables schémas d’évolution, leurs racines et les relations entre les divers symptômes. L’enjeu aujourd’hui est d’aller vers une démarche holistique plus que spécialisée, et de faire cohabiter les deux. Ainsi, des analyses allopathiques seront un outil de plus pouvant affirmer un diagnostic ayurvédique ou suivre son évolution.

Il convient également de parler de la racine spirituelle. Toute maladie ne s’engramme dans le corps que s’il elle a au préalable fait ses racines dans l’âme, dans les autres corps subtils. Il faut donc considérer le corps et l’esprit comme une unité en symbiose pour chaque traitement, et cela, à nouveau, est individuel.

Nous en revenons toujours à nous, aux profondeurs auxquelles nous nous rencontrons, nous nous aimons, nous nous acceptons, nous nous respectons, nous nous écoutons, nous nous faisons confiance.

Le cancer tout comme les maladies dites « épidémiques », ou « chroniques » n’est pas un fléau, c’est le reflet d’une société où les êtres ont oublié profondément leur nature et leurs potentiels, c’est un message comme toute maladie qui amène à une remise en question de nombreux systèmes de pensées tout comme de soins.

Plus on essaiera d’attaquer avec des méthodes autres que l’amour, la compréhension, l’accueil, la compassion, plus on ne tuera que la vie.

La maladie n’est pas quelque chose à combattre c’est quelque chose à inviter, à entendre. Nous sommes dans une société où nous combattons, rejetons, résistons, nous combattons pour presque tout : la beauté, la richesse, la réussite…comme un chien qui se mordrait la queue à la recherche de lui-même, parce que nous croyons devoir combattre quand toute guérison réside dans l’accueil, la compassion, l’écoute et l’entendement. Comprenez bien, nous ne pouvons guérir avec les mêmes méthodes et façon d’agir et de pensées que celles qui ont créé la maladie.

Tant que nous continuerons dans nos luttes intestines manifestées à petite comme grande échelle nous n’irons pas vers cette sérénité et libération qui nous attend et nous est inhérente, intrinsèque.

La maladie n’est ni une fatalité ni une plaie c’est une invitation, c’est à vous de la saisir, de prendre par la main cette expérience et d’aller avec elle où elle veut nous emmener, souvent le chemin semble sombre mais vous êtes la lumière pour éclairer toutes ces noirceurs. Sans condamnation, sans jugement, sans gravité.

Il est important que chaque patient puisque comprendre profondément ce qui l’affecte, car la compréhension personnelle est clef dans tout processus de guérison.

Les médecines ancestrales voient la “maladie” comme un état de déséquilibre corps et esprit ayant un point ou des points névralgiques qu’il convient de mettre au jour et entrainant en conséquence d’autres problèmes dans sa chute.

Pour terminer, en effet, les maladies existent, cependant pas telle que nous les concevons actuellement, actuellement dans une médecine moderne qui spécialise un peu trop, qui limite l’imbrication corps/esprit, et qui est majoritairement généralisante et systémique, avec son lot d’émotions, de connotations et de condamnations. De plus, la « maladie » envoie implicitement une notion « d’extérieur », d’apitoiement, nous posant en victime, inférant une notion de gravité en place d’opportunité et de responsabilité. Nous voyons ainsi le médecin comme un Sauveur, laissant entre ses mains la responsabilité de notre santé alors que, je cite, « guérir de la maladie c’est aussi guérir du médecin. », il n’est ici nul question de s’infantiliser. Il faut aussi comprendre que la Vie n’est pas un laboratoire injuste, hasardeux. Tout est de raison d’etre et divinement orchestré.

Et comme il existe autant de maladies donc que de personnes, car chaque déséquilibre est profondément unique, nous pourrions même conclure que soit nous nous disons tous malades, soit nous nous disons tous sur le chemin de l’expérience et de la libération.

Dr. Manan Soni & Emmanuelle Soni-Dessaigne

Article originel ici.