Alcool, drogues & Ayurvéda

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En médecine Ayurvédique, toute substance susceptible de produire un effet toxique à long terme ou immédiat est nommée « Visha ».

De nombreux poisons tombent sous cette appellation tel le venin ou le cyanure, mais aussi de nombreux plus communs comme l’alcool, le vin, le tabac.

On y classifiera aussi toute substance minérale, végétale, animale contaminée, et toute combinaison alimentaire impropre ayant résulté en fermentations et toxines.

Le terme « Visha » signifie littéralement « qui envahit, qui occupe » mais aussi « qui attriste ». On le traduit généralement par « qui menace la vie et promeut la tristesse. » On trace les premières références à de telles substances dans les Vedas (textes les plus anciens et sacrés de l’Inde) et autres textes significatifs tel le Mahabharata et le Ramayana. La toxicologie et pharmacopée relative aux poisons était profondément utilisée dans l’Inde ancienne et de nous jours encore, comprenant que si une substance est à même d’avoir une telle puissance pour ôter ou affecter la vie, une fois purifiée et transformée par un procédé alchimique, elle aura le même potentiel mais cette fois pour rendre ou régénérer la vie. Loin de là l’idée de les banir donc.

Les procédés de purification des poisons (Shodhana) ainsi que les manières adéquates de les administrer sont largement détaillées dans les textes classiques. Dans la littérature Chinoise ancienne on retrouve également une approche similaire, par exemple en ce qui a trait à la purification de diverses herbes tel nux-vomica. Il y est mentionné que la toxicité s’en trouve réduite et le potentiel accru. Ceci étant attribué aux changements qualitatifs et quantitatifs dans le profil phyto-chimique suite aux procédés de transformation. Communément encore sont purifiés pierres précieuses et métaux, dont les cendres (Bashma) sont utilisées en médecine Ayurvédique pour le traitement de maladies avancées.

Par exemple, l’Aconite (Vatsanabha) qui sous forme brute peut déclencher un arrêt cardiaque, une fois purifiée, deviendra tonique et régénérante des fonctions cardio-vasculaires.

En ce qui nous concerne, il convient de comprendre comment donc des substances « Visha » incluant l’alcool, le tabac, le cannabis ou autres drogues sont potentiellement nocives ou bénéfiques et quels sont leurs effets sur le corps.

Cela tient principalement en deux termes : Vyavayi et Vikasi.

Deux propriétés puissantes qui poussent à mesure et précaution :

  • Vyavayi : À l’image d’une goutte d’huile qui se répandrait sur une étendue d’eau, cette propriété fait que la substance ingérée se répand immédiatement dans le corps avant d’être digérée, elle est d’abord dispersée puis digérée. Elle accède aux tissus profonds et aux méridiens les plus fins.
  • Vikasi : Pour que cette dispersion rapide puisse avoir lieu, la propriété Vikasi entre en œuvre. Elle ouvre les canaux de circulation d’énergie et à la fois brise l’architecture du corps et les liens entre les différents éléments de celui-ci (plasma, sang, os, moelle, etc.) impactant donc leurs fonctions et organes associés. Alors, si la première sensation sera de l’ordre d’un sentiment de bien-être, d’ouverture, de clarté ou de légèreté, sa nature coupante, tranchante et pénétrante aura tôt fait d’assécher, d’émacier et de détériorer le corps et l’esprit. Une fois que le déséquilibre est profondément installé, il devient très difficile de rétablir l’ordre naturel, d’autant qu’une autre propriété favorisant l’addiction entre en jeu (Madavaha).

(La liste complète des propriétés est détaillée dans le tableau ci-dessous en référence aux livres/auteurs qui les ont identifiées.)

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Ainsi, toute substance Visha, prise de façon judicieuse et adéquate pour telle ou telle condition sera extrêmement bénéfique, et à l’inverse prise de manière inappropriée et régulière, viciera le sang et tous les Doshas (composants élémentaires du corps), nous enchainant dans une énergie de léthargie, de tristesse ( Tamas ).

Les alcools ( Madya ) et fumées médicinales ( Dhuma ) sont largement utilisés en médecine Ayurvédique mais sous forme médicamenteuse et ponctuelle, loin de l’usage qui en est fait sous les latitudes occidentales.

 

Source
Concept of Visha and its pharmacological basis in Ayurveda – Bhide Bhargav , Acharya Rabinarayan Dept. of Dravyaguna, IPGT & RA, Jamnagar, Gujarat, India
Astanga Hridayam

Ayurvéda, Allopathie et autres médecines

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Notre but n’est pas de diviser la médecine moderne et l’Ayurvéda, ni de discriminer l’une au profit de l’autre. Au contraire, nous sommes convaincus que le futur viendra de l’union du meilleur de toutes les disciplines et d’un respect mutuel et profond, dans la compréhension et l’intégration, puisque la médecine allopathique est aussi fille de l’Ayurvéda.

Ici, nous allons simplement mettre en lumière certaines différences ou similarités dans l’approche afin que vous ayez l’opportunité du choix et toutes les informations pour réfléchir. Chaque système de traitement a des points et caractéristiques uniques, ainsi que des limites, et il est essentiel d’enrichir notre connaissance et de regarder dans les concepts des autres systèmes médicinaux et médicaux.

Être Docteur en Ayurvéda signifie avoir la connaissance non seulement de la médecine Ayurvédique mais également Unani ( Médecine Greco-Arabe ), du Yoga ( voir article Ici ), et de la science moderne incluant : Nutrition, pharmacologie clinique, infection, pulmonologie, gastro-entérologie, néphrologie, neurologie, oncologie, psychiatrie, génétique, immunologie, cardiologie, hépatologie, endocrinologie, hématologie, rhumatologie, médecine environnementale, soins d’urgences et d’autres spécialités qui divisent les branches de la médecine moderne. L’étude de la science moderne est obligatoire pour le doctorat en médecine Ayurvédique et elle ne fait que renforcer la beauté de L’Ayurvéda et ses principes dans un monde tel que le nôtre.

L’AYURVEDA ET LA MEDECINE MODERNE

Un but à long terme

L’occident recherche souvent une detox rapide, une pilule miracle, quelque chose qui résoudrait tout très vite, compensant des années de problèmes, d’alimentation et style de vie impropre. Cette approche brusque et brutale ne fait pourtant qu’aggraver les troubles tels qu’il soit car rien dans la Nature ne fonctionne avec force et temps et patience sont requis si l’on veut résoudre les problèmes jusqu’à la racine. Lorsqu’un nettoyage est fait trop sévèrement, trop fortement et trop rapidement, cela ne fait que ramener les toxines en circulation et charger le corps au point que celui-ci ne peut plus les traiter et que les organes en sont affaiblis et alourdis. Il existe également en Ayurvéda des remèdes rapides mais qui sont utilisés uniquement pour des cas urgents et spécifiques et selon un protocole particulier par la suite afin de rétablir l’équilibre à long terme. Lorsque l’on traite la cause racine non seulement on traite la maladie mais on prévient toute récurrence.

Le role de la Spiritualité

La dépression, le stress, l’anxiété sont des troubles communs qui nous affligent. Souvent, ils sont utilisés pour expliquer ou justifier des réactions du corps que la science ne peut expliquer et a l’inverse, un corps en déséquilibre amène des déséquilibres mentaux. Le corps et l’Esprit sont unis, intriqués, et cherchent à travailler ensemble de manière optimale dans un partenariat pour la vie, sans quoi plusieurs pathologies se développent et avec le temps, affectent l’être tout entier.

Le Cancer, maladie du Siècle, est principalement dû à un manque d’hygiène dans le style de vie ou l’alimentation et a un déséquilibre dans nos émotions et notre spiritualité. Sans travailler sur le facteur Esprit dans chaque maladie, celle-ci va de nouveau survenir. Rien dans le corps ne peut rester si l’Esprit ne le permet pas, consciemment ou inconsciemment.

La médecine moderne met de côté cela et confond la spiritualité avec la religion ou les médecines alternatives, alors que c’est un point central pour toute guérison. La source de tous maux n’est pas matérielle, les manifestations physiques ne sont que les enfants d’un problème plus profond. Si des éléments ponctuels et extérieurs peuvent provoquer une maladie (Virus, etc.) c’est que quelque chose a permis cette intrusion. Ainsi, il n’est que perte de temps et errance que de se battre contre la manifestation des symptômes sans aller à la source du problème. Il est important d’aller voir la personnalité du patient, ses tendances négatives, acquises ou héritées.

Un autre point est le Karma. Sans cette vision, le monde n’est qu’un lieu injuste ou les gens sont pauvres, riches, handicapés, ou des enfants ont le cancer ou sont exploités sexuellement, ou d’autres sont célèbres et adulés, etc. La vie n’étant ainsi qu’un jeu aléatoire ou vous pouvez être chanceux ou ne pas l’être. Le Karma aide à comprendre et éclairer les lois universelles dans lesquelles tout se produit pour une raison, ou il n’y aucune place pour le Hasard. Le Karma nous permet de réaliser que ce à quoi nous faisons face et ce que nous expérimentons dans notre vie est la conséquence de nos actions, de toutes nos vies cumulativement, et que nous sommes ici pour la compréhension et l’évolution de notre Âme à travers des expériences nécessaires à celles-ci qui nous sont fournies par les situations dans lesquelles nous sommes.

Le remède à la douleur, est dans la douleur.

Rumi

Le corps: un ensemble insécable

Le corps est une entité globale dont les parties ne peuvent être prises individuellement, parce qu’elles travaillent ensemble en interdépendance et harmonie. A nouveau, prenons l’exemple d’une voiture. Lorsqu’une piece importante ne marche plus, c’est la voiture entiere qui est a l’arret. Les traitements Ayurvédiques prennent toujours en compte tous les aspects de l’être. La médecine moderne ne fait que commencer à réaliser et incorporer ce concept, sortant progressivement hors de la noirceur de la spécialisation ou un organe est pris indépendamment et séparément du tout pour être analysé et traité. Ce concept manque à comprendre que pas même une seule cellule ne peut fonctionner par elle-même sans communiquer ; similairement, si un organe est affaibli ou déséquilibré, c’est toute la chaine qui s’en ressent. Oui, la vie continue toujours car le corps est une machine incroyable pouvant supporter beaucoup de traumas, mais inévitablement la dégénérescence et les désordres vont commencer à se manifester. Le corps humain est si complexe que de vouloir le délimiter est artificiel.

De l’importance du style de vie et de la prévention

Dans la médecine moderne, la maladie n’est traitée qu’après apparition des symptômes, alors que dans la vision Ayurvédique cela se manifeste à un stade déjà avancé ou la maladie progresse rapidement si elle n’est pas prise en charge. A ce stade, il est plus difficile de la traiter et de la guérir. Il est ainsi évident que la prévention de toutes les manières possibles dans une routine personnalisée et individualisée est de la plus grande importance. Les savants Ayurvédiques sont à même de diagnostiquer les troubles à leur genèse ( Samprapti ), bien avant que des complications plus sérieuses ne commencent. L’Ayurvéda classifie l’évolution d’une maladie en 6 stades. Les méthodes de diagnostics modernes ne sont capables de détecter un problème qu’aux stades 5 et 6. La médecine est à la fois Art et Science, malheureusement l’Art de Vivre trouve rarement sa place dans la médecine moderne et en pratique.

Le Diagnostic

Non seulement l’Ayurvéda mais également de nombreuses médecines utilisent le Pouls comme méthode de diagnostic suprême alors qu’elle est inexistante en médecine moderne où sont utilisés des équipements et procédures invasives ( prises de sang, etc. ). Cependant, les investigations modernes tels que résultats de laboratoires peuvent assister ou être interprétés en termes Ayurvédiques et utilisés comme paramètres pour observer les effets d’un traitement ou en consolider les principes.

Les effets secondaires

Même les traitements Ayurvédiques peuvent avoir des effets secondaires et indésirables tels que: nausée, insomnie, migraines, diarrhée, etc. mais ceux-ci sont compris par le corps et ne sont que ponctuels, sans danger sérieux si bien supervisés.

Les traitements allopathiques conventionnels s’accompagnent presque toujours d’effets secondaires qui vont aller déséquilibrer une autre partie du corps ou de l’Esprit. Prenons l’exemple de la Chimiothérapie. Le bon sens dirait que lorsque quelque chose est affligé et affaibli, il convient de le renforcer. C’est la question cruciale et controversée actuellement dans la façon de traiter le Cancer en médecine moderne, puisque la Chimiothérapie vise à affaiblir le corps pour enlever l’affliction et de nombreuses personnes meurent non du cancer mais de la chimiothérapie. Oui, certaines s’en sortent, mais sont elles aussi fortes qu’avant, et quels ont été les sacrifices ? Cette approche est à l’oppose de celle Ayurvédique, qui vise toujours à renforcer afin que le corps comprenne comment se guérir lui-même.

Les symptômes et la cause

La médecine Allopathique concentre principalement ses efforts pour régler les symptômes et non la cause. En Ayurvéda nous travaillons non seulement sur les symptômes mais il existe en tout 6 différents principes pris en compte.

Pour résumer:

      • La terminologie diffère, avec ou sans corrélation ou synonymes en termes modernes
      • L’anatomie et la physiologie diffère
      • La pathogenèse et la méthode de diagnostic diffère
      • L’Ayurvéda et de nombreuses médecines travaillent avec le concept d’énergie vitale, Prana ou Qi, alors que la médecine moderne rejette ou néglige ce concept d’énergies, de méridiens, de chakras, et d’Âme.
      • La science moderne voit le corps comme fait d’unités spécialisées alors que l’Ayurvéda voit le tout comme un ensemble inter relié
      • La médecine moderne vise principalement les symptômes et non la cause
      • L’Ayurvéda n’a que peu ou aucuns effets secondaires alors que la médecine moderne n’a que trop d’effets collatéraux
      • Les cours de médecine n’incluent pas ou peu les autres systèmes et médecines, ainsi que la nutrition, la prévention et le style de vie qui ont un rôle clé. Un diplôme Ayurvédique comprend tout dans une approche holistique.

L’AYURVEDA ET LES AUTRES MEDECINES

La quête d’un remède est celle de l’homme depuis les âges primitifs, pour alléger ses souffrances et pallier à l’âge et la dégénérescence. Cela a commencé avec l’apprentissage de la Nature et de ses lois et applications, qui se sont transmis de générations en générations : des âges de la transmission orale à la transcription sur papier ou sur logiciels de nos jours. Nous avons adapté nos connaissances à nos conditions environnementales et écologiques. Ainsi, différents systèmes ont vu le jour et évolués de par le monde, ayant tous l’Ayurvéda comme tronc commun et ancestral, l’Ayurvéda existant depuis des temps immémoriaux, depuis l’existence de la vie elle-même.

Voici une brève comparaison dans les approches, vous remarquerez à l’évidence que ce ne sont que les branches d’un même arbre:

      • Yoga : croit en l’existence d’un Dieu, d’une Source et d’un soi superieur. Croit que le salut vient d’une maitrise intérieure et que toutes les maladies sont dues à une identification erronée avec ce que l’on croit être soi ( En Ayurveda, Sushruta dit de même que la source ultime de toutes les maladies réside dans une déconnection avec notre nature divine, tombant dans l’illusion de la séparation) . Contrairement aux systèmes médicaux où un agent externe tient lieu de correctif, ici c’est le patient lui-même qui par une discipline et des efforts constants peut se guérir.  Livre de reference : Hatha Yoga Pradipika
      • Naturopathie : croit que la guérison vient de l’harmonie avec la Nature et ses lois et utilise la nature pour guérir, suivant les principes d’une routine quotidienne et saisonnière, et des codes et pratiques de vie naturelle.

Avicenna (Ibn Sina) (c.980—1037), un mathématicien Perse reconnu comme l’un des penseurs et écrivain les plus illustres de l’Age d’Or Islamique. Le Canon de la Médecine : le scientifique Avicenna opérant sur une femme, outils en haut a gauche.

      • Unani : Médecine Greco-Arabe. Tout comme l’Ayurvéda, travaille avec le concept d’humeurs ( Doshas ),comprend la théorie d’éléments fondamentaux ( PanchaMahabuta ), utilise des préparations minérales/herbales/animales, utilise le pouls/urines/selles pour diagnostic. Livres de reference: The canon of medicine from Avicenna, Al Tabreef, Kitabul manzeer, Kitabul kulliyat.
      • Siddha : La médecine des saints Indiens, travaille avec le concept d’humeurs ( Doshas ),comprend la théorie d’éléments fondamentaux ( PanchaMahabuta ), diagnostique utilisant le pouls, la langue, les yeux, les urines, les selles, la voix… utilise des composes minéraux et certains herbaux, travaille beaucoup avec le Mercure. Livres référence : Agastyar, Teriyar, Bhogar, Tirumutar.
      • Amchi Système – Sowa  rigpa  : Médecine tibétaine, comprend le concept de Doshas et d’éléments fondateurs, diagnostique utilisant le pouls, la langue, les yeux… Reference : RGyud-bzi.

Le concept Tibetan de sante/maladie a été illustré sous forme d’un arbre dans le rGyud-bZhi.

      • MTC – Médecine traditionnelle chinoise: Comprend le concept d’éléments fondateurs, et que le déséquilibre vient d’un déséquilibre entre ces éléments dans le corps. Diagnostique utilisant le pouls, la langue, etc. Utilise les plantes et herbes pour traiter les maladies, travaille avec les points vitaux (Acupuncture, en Ayurvéda cela se nomme la Marmathérapie ), etc.
      • Homéopathie : Utilise les lois de la Nature et la Nature pour guérir selon la loi des similarités et des contraires

Sans oublier de nombreux autres systèmes tels que la médecine Maya, la médecine Amérindienne, et toutes les sagesses et astuces de nos ancêtres.

Pour conclure et souligner à nouveau, l’Ayurvéda n’accepte ni ne rejette toute autre médecine, mais plutôt aspire à l’union des pratiques, des peuples, des cultures et des religions, pour le bien-être de l’homme et de la Nature.


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Le Cancer est une opportunité

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La peur nous envahit rien à la simple lecture de ce mot.

Pourtant, j’ose croire que le cancer, comme toute maladie, est une opportunité pour chacun ou pour la famille de se transcender, de faire a face à des choses qui n’ont que trop longtemps été négligées et qui se manifestent sous cette forme pour atteindre notre conscience.

Quelque chose dont on doit s’occuper cherche à se faire entendre, une expérience souhaite se manifester.

L’Ayurvéda nomme les maladies selon une infinité de terminologies possibles, pourtant, le mot cancer n’existe pas. En fait, l’Ayurvéda comme beaucoup de médecines ancestrales, voit le monde et le corps humain en termes d’éléments ou de forces constitutives qui, lorsqu’en déséquilibres, créent des désordres.
Voici quelques points clés pour comprendre le point de vue Holistique sur le cancer et comment restaurer l’équilibre.

 

LES DIFFERENCES AVEC L’APPROCHE ALLOPATHIQUE

• Global ou local?

En Ayurvéda et médecines alternatives, le cancer est approché globalement. Considérant que bien qu’il puisse être localisé sur une partie spécifique du corps, c’est l’être entier qu’il faut traiter. Le corps étant une entité globale dont les parties ne sont pas sécables. Tout dans le corps travaille en harmonie et interdépendance, même une seule cellule ne peut travailler seule sans communiquer avec le tout. Ainsi, si une partie est affectée, c’est toute la chaine qui l’est, incluant l’esprit et le mental.

• Renforcer ou affaiblir?

La chimiothérapie, les rayons et autres méthodes allopathiques proposées en réponse au cancer visent à affaiblir le corps afin d’affaiblir le cancer et empêcher sa prolifération. En effet, les cellules cancéreuses sont détruites ou secouées…mais les cellules saines également…d’autant plus sans garantie que le cancer ne revienne pas.
Pour les médecines ancestrales, le but est inverse. Il faut renforcer ce qui est affecté dans le but de rétablir l’équilibre. À l’évidence, l’immunité, la digestion, les émonctoires, le système lymphatique, etc. jouent un rôle central et crucial, ainsi que la réharmonisation des Doshas, ou des éléments du corps, sans oublier apporter paix et clarté à l’esprit.

C’est une question primordiale et controversée de nos jours dans l’approche, et il est malheureux de constater que de nombreuses personnes meurent non du cancer mais de la chimiothérapie. Heureusement, certaines personnes peuvent relater d’une expérience positive, mais pour combien de négatives, et à quel prix? Sans oublier les effets secondaires toujours handicapants ou dévastateurs.

La Naturopathie, l’Ayurvéda, la MTC, visent à renforcer le corps et l’aider à comprendre comme se guérir lui-même et réaliser les sources de désordres. Différents traitements peuvent être proposés par les médecines alternatives tel Naturopathie, Ayurvéda, MTC, que ce soit seuls ou en complément d’une thérapie allopathique.
Des traitements profonds tel le Panchakarma peuvent aussi être l’approche principale pour guérir le Cancer, vers lequel de plus en plus de personne se tournent.

• L’Être ou le Corps?

L’allopathie vise à traiter principalement le Corps, bien que de plus en plus d’hôpitaux incorporent doucement l’aspect bien être, proposant du Yoga, de la méditation, parfois même des soins énergétiques. Le bien être est primordial et les médecines alternatives l’ont bien compris. Il faut prendre en compte non seulement l’affliction du corps, mais celle de l’Âme et de l’Esprit. C’est toute la personne qui doit être comprise, non seulement la maladie.

• La cause ou les symptômes?

La médecine Ayurvédique croit que le cancer trouve ses racines et origines dans l’Esprit, ou l’Âme, finissant par se manifester dans la matérialité du corps. D’autres causes possibles conjointement ou seules : étouffement émotionnel, mauvaises habitudes, mode de vie et alimentaire impropre, Karma (conséquence de nos actions courantes et passées), prédisposition héréditaire, etc.

Si nous ne traitons que les symptômes, nous vivrons toujours dans la peur, priant pour que le Cancer ne se manifeste pas à nouveau mais restant à sa merci. Si nous comprenons ce qui nous est arrivé, pourquoi, et que l’on met tout en œuvre pour le surpasser, il n’y a aucune chance pour la maladie de revenir à nouveau.

• Diagnostic : campagnes et méthodes

Les campagnes actuelles contre le cancer se veulent d’aider à le détecter au plus tôt, via des suivis et analyses régulières (mammographie, coloscopie, prélèvements sanguins etc.). Et il est plus que probable que si vous avez 50 ans et plus, vous allez recevoir plusieurs campagnes d’alerte dans votre boite postale ou courriel. Théoriquement, le principe est bon, vouloir prévenir et réduire les risques. Cependant, il reste encore à prouver qu’elles soient efficaces. De plus, les outils de diagnostics sont souvent invasifs et les méthodes pas assez avancées et précises pour le détecter. Et quel est l’impact sur l’Esprit, que de le faire vivre dans la peur, l’angoisse, l’appréhension? N’est-ce pas ce qui peut aussi provoquer, le cancer?

Globalement, le cancer ne parvient à être réellement diagnostiqué qu’après manifestation des symptômes, ce qui est déjà un stade avancé et progressant rapidement s’il n’est pas pris en charge. À ce point, il est difficile de traiter la maladie. Ainsi, la prévention de toutes manières possibles dans une routine personnalisée est de la plus haute importance. L’Ayurvéda peut diagnostiquer la maladie à ses stades primitifs bien avant que de plus sérieux désordres ne soient en place. Elle classifie l’évolution d’une maladie en 6 Stades ( Samprapti ). Les outils et équipements de dépistages modernes ne peuvent détecter la maladie qu’aux stades 5 ou 6. La lecture du pouls, est la technique utilisée par presque toutes les médecines ancestrales et permet de déceler presque tout si tant est que le Dr. ou praticien est qualifié et que ce don lui est accordé.

 

RETROUVER L’EQUILIBRE

L’alimentation

La plupart des maladies, lorsqu’elles s’impriment dans le corps, commencent avec la digestion. Ainsi, la nourriture se doit d’être adaptée a la constitution de la personne ( Prakriti ) et son état de santé ( Vikriti ), et plusieurs autres facteurs. L’utilisation d’une nourriture digeste, légère, fraiche et cuisinée, joue un rôle crucial.
Les patients sous traitement dans les hôpitaux reçoivent principalement une nourriture industrielle, réchauffée, empaquetée, sans concordance avec leur constitution, leur état, leur capacité digestive, et de plus, la combinaison alimentaire est souvent incompatible quand le régime alimentaire devrait être une des premières choses à considérer.

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Le mode de vie et les habitudes

L’immunité et le métabolisme peuvent être régulés par de simples changements tel que : se coucher tôt et se lever avec le soleil, ne prendre bains/douches que sur estomac vide, prendre le temps de méditer et se reposer, encourager les émotions et pensées positives, éviter tabac/alcool/café/the et excitants, éviter une trop grande consommation de viande, particulièrement rouge. À éviter également : suppléments hormonaux, champs électromagnétiques (wifi, portable), pesticides, surexposition au soleil, etc. Plusieurs stratégies et programmes personnalisés peuvent être mis en place par un praticien en santé holistique et naturelle afin de promouvoir la prévention et la guérison ainsi que le bien être du corps, de l’esprit et des sens.

La spiritualité

La dépression, le stress, l’anxiété, sont des troubles communs qui nous affectent tous. Souvent, ce sont des mots qui sont mis sur des douleurs corporelles que la médecine moderne peine à expliquer, et à l’inverse, un corps troublé peut conduire à de tels désordres dans un cercle vicieux. Le corps et l’esprit sont intriqués et cherchent à fonctionner ensemble dans un partenariat cohésif, sans quoi, une pathologie commence à se développer et avec le temps, affecte l’être entier. De nombreux facteurs entrent en jeu, prédisposition génétique et héréditaire, hygiène de vie et hygiène alimentaire impropre, exposition a des composés chimiques, facteurs environnementaux, infections chroniques, etc. mais nous oublions souvent de parler du rôle du Karma et de l’Esprit.

L’attitude biaisée de la science moderne ne prend pas ou que peu en compte l’Esprit en tant qu’entité pouvant causer cette maladie ni ne considère son importance dans tout traitement. La définition de la santé elle-même parle de l’importance du bien-être et de l’esprit.
Le corps humain est une machine complexe pour une société scientifique radicale, mais c’est un temple pour un scientifique spirituel tel un Dr. en Ayurvéda ou en médecine chinoise ou un praticien en santé naturelle.
L’Ayurvéda est une médecine corps/esprit apportant l’harmonie depuis des millénaires et qu’il est crucial de redécouvrir en ces temps troublés.
Elle classifie les maladies selon leur cause, qui peuvent être de trois sortes:

1. Karmaja Vyadhi – Incluant les maladies dont l’origine se trouve des actes et conduites liées à des vies précédentes
2. Doshaja Vyadhi – Incluant les maladies dont l’origine vient d’une cause particulière, déséquilibrant les doshas et causant la manifestation des troubles en découlant
3. DoshaKarmaja Vyadhi – Incluant les maladies dont l’origine est commune aux deux précédentes la fois due à certaines actions de vies précédentes ou actuelle et d’une cause particulière

Le cancer est considéré soit Karmaja soit Doshakarmaja Vyadhi, et pouvant dépasser les frontières de la vie et de la mort, jusqu’à ce que le Karma soit résolu ou que l’expérience à apporter, soit pour la personne, soit pour la famille, soit complète. Le Karma a toujours un rôle à jouer dans chaque cancer.
Nous ne détaillerons pas ce sujet car il est controversé par la science, bien qu’il ne puisse plus l’être pour longtemps.
En prenant en compte l’aspect Karmique, il est possible d’expliquer pourquoi même de jeunes enfants et bébés naissent avec différents types de cancer.

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Il est évident que les manifestations du cancer résident au plan somatique, mais la création de celui-ci réside au plan psychique.
La science a fait de nombreux progrès mais aucune technologie ne peut encore explorer les abysses de l’Esprit et du Karma, bien que de plus en plus de scientifiques et neuroscientifiques commencent à le prouver.

Sans prendre en compte le facteur mental dans chaque maladie, celle-ci se manifestera à nouveau d’une façon ou d’une autre. La médecine moderne met l’aspect spirituel de côté, confondant spiritualité et religion ou thérapie alternative, alors qu’elle est le point central. La source de tous maux n’est pas matérielle : les manifestations physiques ne sont que l’effet collatéral d’un malaise plus profond. Il est important de regarder dans notre personnalité, nos tendances négatives, acquises ou héritées. Il est important de reconnecter avec notre nature et essence divine afin de guérir complètement.

L’on peut s’aider d’élixirs floraux tel maïs, pissenlit, rhubarbe.

Appuyer la gratitude, le pardon, le lâcher-prise, dans notre quotidien.

Cesser d’être en conflit entre ce que nous voulons et ce que nous avons dans la vie, manquant de satisfaction et de contentement.
Cesser d’avoir trop d’attentes envers nous-même ou les autres.
Exprimer d’une manière appropriée nos sentiments, ou cesser de les refouler (honte, culpabilité, colère, frustration, jalousie…).
Ne pas se laisser submerger par des pressions sociales, culturelles, familiales.

 

La vie nourrit la vie

Ne s’abandonner ni à la peur ni à la douleur. Se lever chaque matin en appelant l’ardeur et en ordonnant à nos cellules immunitaires d’être fortes, d’être combattives pour la vie.

Mais il ne suffit pas de le dire, il faut aussi tout mettre en place afin que nos cellules croient à notre message et ne ressentent pas de contradiction entre ce que l’on dit et ce que l’on fait en pratique.
La vie a toujours besoin d’être encouragée. Seule la vie peut nourrir la vie.

Ne nous laissons pas accabler car alors c’est l’accablement et le désespoir que nos cellules vont entendre, et comment une armée peut-elle fonctionner si elle est abattue?

 

CONCLUSION

Derrière toute peur se cache un désir.

Derrière la peur de l’hiver se cache le désir du Soleil. Derrière la peur de la perte se cache le désir de gagner. Derrière la peur du cancer se cache le désir de vivre.

C’est ce point qu’il faut accentuer.

Seule la vie peut nourrir et stimuler la vie.

L’Ayurvéda, la Naturopathie, la Médecine Chinoise, et de nombreuses autres médecines dites « alternatives » proposent de multiples réponses et stratégies pour aider à faire face au cancer, seules ou en parallèle aux protocoles allopathiques.

Il est plus que temps de réunir toutes les approches, même si divergentes. Il est plus que temps de reprendre notre vie en main, et de faire des choix sains, sages et éclairés.

 Article originel ICI.


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Se détruire pour être sain(e)

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Ce que je vais vous dévoiler ici est quelque chose de très personnel, et qui m’a longtemps troublée avant de me grandir. Pas une parcelle de mon être n’en a pas été ébranlée : de ma volonté, à mon estime, à mon équilibre et ma féminité. J’ai observé et vécu toute la confusion et l’absurdité d’une société qui ne sait plus ce qu’être en santé veut dire.

Et c’est parce que je reviens de ce brouillard que j’ai envie de le mettre en lumière pour qu’il ne vous atteigne pas, ou que, si vous en êtes aux prises, qu’il puisse éclairer votre chemin et vos choix.

 

Sous les bombes

 

Je pense sincèrement que nous avons perdu la notion de santé, comme nous avons perdu le sens de ce qu’être un être humain veut dire.

Assujettis dans le chaos, nous vacillons d’un extrême à l’autre. Il y a l’omniprésence de la nourriture industrielle, l’abondance de restaurants au mètre carré, la propagande publicitaire créant des besoins inutiles à assouvir en consommant, l’incitation à s’abrutir et en aimer la sensation.

Il y a le culte du corps dans sa plasticité, le culte de la performance, de la « santé », la surabondance de médicaments pour tout et rien, de compléments alimentaires et nutritionnels, d’émissions et de livres sur le sujet, de méthodes et de protocoles comme des dogmes et tant d’âneries sur les calories, les régimes, les recettes et les produits miracles évidemment autant onéreux qu’inefficaces.

Toutes ces modes se veulent simplement de créer des regroupements d’être identiques avec des problématiques et des besoins identiques aspirant à une solution identique. Pourtant nous sommes fondamentalement différents et uniques!

Cette conformité et ces modèles érigés en solution veulent aller contre l’impermanence des choses, contre l’ordre naturel et donc toute quête en ce sens est vaine et vouée à l’échec.

Ce constat, tout le monde peut le faire chaque jour. Mais qu’est-ce que cela ouvre en nous? La culpabilité, le chaos d’émotions contradictoires et désordonnées.

Je vous en prie, cessez de vous flageller parce que vous n’avez pas été à la salle de sport, couru 30 kilomètres en 3 minutes ou parce que vous avez mangé ce chocolat que vous avez été conditionné à vouloir puis à détester.

Vous êtes la victime d’un système qui n’a d’intention que de vous martelez d’un sens à l’autre jusqu’à ce que vous soyez réellement malade et donc encore utile, voire plus utile. Ce système ( donc nous ) a instauré deux choses: la comparaison, et le clonage.

J’ai expérimenté sur moi presque toutes les méthodes et protocoles et recettes et produits qui existent actuellement et ce que j’ai trouvé finalement ? Tout sauf la santé. J’ai trouvé la déraison, j’ai trouvé la peine, j’ai trouvé la souffrance et tant d’autres méandres et tourments.

Le dialogue était rompu à tous niveaux : je soumettais mon corps aux désirs de mon mental et mon mental n’était pas en adéquation avec les ressentis et aspirations de mon âme et mon corps se faisait martyr de tout cela. Tout était devenu incohérence et conflit. Avant d’entreprendre ces expérimentations, j’étais en bonne santé, peut-être pas optimale  (mais qui peut prétendre a cela, et est-ce une quête en soi ou un état d’être ?) mais après cela, j’étais dévastée avant de trouver ma réponse, et de pouvoir vous la partager.

Ainsi, je vais brièvement souligner ici quelques courants et pratiques que j’ai expérimentées et pourquoi j’en suis revenue.

 

Décryptage

 

Les calories :

Postulat : Le poids est soumis, entre autre,  à une variable qui s’appelle calorie, contenue dans chaque aliment, et qui en fonction de l’addition totale de celles-ci une fois ingérées, vous fera grossir ou maigrir proportionnellement à vos besoins calculés en fonction de votre âge, de votre activité physique et quelques autres paramètres.

Constat : Les calories ne veulent rien dire mais plutôt la façon dont vous métabolisez, votre force digestive. Simplement parce que chaque personne a une constitution différente et un métabolisme différent avec une capacité digestive différente et que tout cela évolue dans le temps et en fonction des circonstances.  De plus, il convient d’évaluer l’aliment sous plusieurs autres paramètres essentiels comme sa nature, son mode de préparation, et surtout la façon dont il interagit avec nous, dans notre unicité.

C’est applicable également pour d’autres « Critères » sélectifs et réducteurs tel que l’indice glycémique, le taux antioxydant (qui change selon la cuisson, la provenance…), le ratio protéines/lipides/glucides, le taux de fibres, le taux de je ne sais quoi sur lesquels se basent le fameux FodMap par exemple.  Pour exemple, le riz blanc s’est vu diabolisé alors qu’il est largement consommé en Asie et en Inde, largement prescrit dans les cures et traitements, et amplement donné aux convalescents. Simplement parce qu’il soutient l’énergie et qu’il est tout à fait digeste pour les estomacs les plus fragiles. Il est même prescrit aux patients diabétiques, l’eau est jetée lors de la cuisson pour enlever l’amidon excédentaire.

Le Sport :

Postulat : Le poids est soumis à l’intensité de l’activité physique d’un individu, plus la personne est sédentaire plus elle risque le surpoids et autres conditions dégénératives, plus elle est active plus elle maintient sa santé et son poids.

Constat : Le sport est devenu un nouveau mode d’évacuation des émotions refoulées, une nouvelle voie d’expression (musculation/remodelage/repousser ses limites), associant ainsi culte du paraitre et de la performance, même dans les salles de Yoga. Devenu intensif, il entraine aussi le sentiment de culpabilité, lorsque l’on a le sentiment de faire moins que le voisin/voisine ou de ne pas avoir fait son quota. Gardez à l’esprit que cela doit toujours rester une discipline corps/esprit et il n’est pas bon d’aller au-delà de ses capacités. J’ai vu beaucoup de patients en surpoids malgré jusque 3 heures de sport par jour et une alimentation dite « pauvre », tout simplement parce que ce n’était pas adapté pour eux.

Chrono nutrition, horaires et quantité des repas :

Postulat : En fonction des heures de la journée tel type d’aliment doit être privilégié plutôt qu’un autre. Le petit déjeuner doit être copieux, le déjeuner consistant et le diner léger.

Constat : Là encore cela dépend de la personne, de ses habitudes de vies. Il n’est en aucun cas nécessaire de se forcer à beaucoup manger le matin si l’on n’a pas faim, il faut s’écouter.  Toute personne qui se sentirait léthargique le matin, qui se sentirait chargée et lourde, et dont la langue présente une pellicule blanchâtre pourrait voire devrait (sauf contre-indication) sauter le petit déjeuner.

Compléments alimentaires/Super-aliments :

Postulat : Notre alimentation est carencée et à l’ère moderne nous avons les moyens de compenser, régénérer, prolonger, résoudre tel ou tel point par prise spécifique de composés, molécules, extraits standardisés.

Constat : Quand vous habituez le corps a quelque chose, il ne le fait plus de lui-même. Même un composé de plante rend dépendant. De plus, comment calculer quelle est votre dose nécessaire, à vous, juste à vous, alors que le dosage est généraliste dans presque tous les cas ? La plante est intelligente : la gélule non. Le corps reconnait et vous signale toujours l’interaction avec ce qui est naturel, cela peut être biaisé lorsque l’on fait de l’auto médication avec ce types de produits. Pour aller plus loin je vous invite à lire mon dossier ici.

FodMap et Regimes Seignalet, Gerson… :

Postulat: Certains aliments, en fonction de leurs constituants, entrainent des réactions aux personnes qui y sont sensibles (Gaz, lourdeurs…) et doivent donc être évités, afin d’avoir une alimentation dite hypo toxique.

Constat : Vous allez simplement finir par n’avoir plus rien sur la liste. Hormis allergies déclarées et spécifiques, la plupart des gens ont tout simplement un désordre digestif ou une maladie profonde. En suivant ces régimes vous allez vous sentir bien pour un temps, parce que cela masque les symptômes, mais vous contournez juste le problème, vous ne le résolvez pas. De plus, quand je lis tout ce qu’il faudrait éviter ( la plupart des céréales, et ail, oignon, liste qui diffère selon les régimes ou méthodes, etc.) remettant en cause des millénaires d’utilisation, vraiment cela n’a aucun recul ni fondement.

L’Eau :

Postulat : Il faut boire beaucoup de litres par jour pour soi-disant favoriser la diurèse, éliminer les retentions, maintenir une hydratation.

Constat : Bien sûr que l’Eau est une composante primordiale, cependant le corps sait ses besoins qui varient en fonction de chacun. L’Eau retient les émotions et sait les apaiser, l’Eau peut effectivement être le seul remède nécessaire jusque certains stades mais toujours dans les quantités qui vous conviennent. Notez que si vous finissez votre repas par un grand verre d’eau vous allez juste noyer votre feu digestif et créer des toxines, il convient de boire en dehors des repas.

Crudivorisme/Jus :

Postulat : Afin d’être en santé parfaite il nous faut aller à la source, à la nature, dans un souci de pureté, et afin d’avoir les enzymes et nutriments essentiels, et de se sentir léger et connecté.

Constat : Il faut vous écouter, notre corps nous demande des aliments cru plus en été qu’en hiver parce que la chaleur demande à être pacifiée par son antagoniste. Remarquez aussi que beaucoup de crudivores utilisent énormément de dattes et de noix (cajou, amandes, brésil…) qui sont extrêmement lourdes a digérer et taxent le foie, et pour prendre la noix du brésil elle contient beaucoup de sélénium, toxique à haute dose (perte de cheveux, etc.). De plus, contrairement à ce qui est proclamé les aliments crus sont lourds à digérer, et souvent de nature froide, donc éviter si votre capacité digestive est faible ou désordonnée. D’autre part, mélanger le cru et le cuit au même repas est incompatible et à long terme néfaste. Et sachez aussi que la plupart de ceux qui ont créé le mouvement du crudivorisme ne sont même pas crudivores eux même. Si le retour à la Nature est votre argument demandez-vous pourquoi les fouilles archéologiques n’ont pas encore retrouvé d’extracteurs de jus.

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Mono diète/Regime N.7 Macrobiotique :

Postulat : Ingérer un seul type d’aliment pendant X nombre de jours afin de mettre au repos le système digestif et entrainer une régénération.

Constat : N’étiez-vous pas au courant que l’excès de quoi que ce soit entraine carences et déséquilibres ?

Paléo :

Postulat : Il nous faut manger comme nos ancêtres préhistoriques afin de retrouver le sens perdu dans une alimentation mondialisée et industrialisée.

Constat : Cela dépend des habitudes de chacun, de sa nature, de ses besoins. Renseignez-vous sur l’histoire et comprenez que nos ancêtres n’étaient peut-être pas en si bonne santé que cela, que toutes les conditions de vie étaient différentes, et que ce que l’on nous apprend sur la préhistoire est probablement très loin de la réalité…

Gluten/Lactose :

Postulat : L’être humain est le seul à consommer du lait une fois adulte et ceci est contre nature et indigeste. Le blé moderne est impropre à la consommation, il encrasse et perturbe les fonctions du corps.

Constat : Le lait est utilisé depuis les temps anciens pour diverses préparations, tout comme les produits laitiers (beurre, ghee, fromage, kéfir…). Le problème avec le lait n’est pas le lait en lui-même c’est tout simplement qu’il est homogénéisé, pasteurisé, et que les variétés de vaches sont différentes en occident et en orient. Ici en Inde où je vis actuellement, même ceux diagnostiqués intolérant au lactose n’ont aucun problème avec les produits laitiers. Quant a ceux qui ont pour argument que c’est contre nature, vous essayez de refaire l’argumentation des philosophes des lumières entre l’inné et l’acquis, ce qui est de la nature et de la culture, débat qui n’a pas de fondement. Pour parler du blé, de même ici, même des malades cœliaques tolèrent très bien les Chapati (galettes de blé), tout simplement parce que c’est un blé ancien et que le problème n’est pas avec le blé mais avec les OGM, les hybridations des variétés et les méthodes de panification industrielles.

Jeûne :

Postulat : Notre corps est intoxiqué à divers degrés, surtout lorsque malade, et jeuner permet via l’autophagie et l’apoptose naturelle de se concentrer sur l’élimination des toxines, des déchets et de favoriser ainsi la régénération, la santé et la longévité. Le jeûne peut s’étendre sur un ou plusieurs jours voire semaines et être complet ou partiel selon les variantes.

Constat : Cela peut s’avérer tout à fait bénéfique pour certaines personnes et totalement néfaste pour d’autres. La Médecine Chinoise Traditionnelle et l’Ayurvéda dont elle est issue s’accordent sur le fait qu’il est toujours important de donner au corps de la nourriture, même en très petite quantité, sinon, l’énergie vitale s’épuise et les fonctions du corps sont perturbées, tout comme le métabolisme ce qui peut avoir des conséquences très sévères que bien sûr les pratiquants du jeûne hydrique ou sec et sur du long terme n’expérimentent pas tout de suite, leur mental ayant la jouissance du contrôle. Le jeûne est bon pour pallier aux effets de la chimiothérapie, juste la veille et le jour même, ou un jour par semaine si vous avez tendance à manger plus que nécessaire.

Hygiénisme/Lavements/Purgations :

Postulat : Grace à diverses méthodes et outils il est important de maintenir un système digestif sain de la bouche à l’anus et d’avoir recours à diverses pratiques de purification corporelles ( Shank Prashalana, lavement au sel ou à la chlorophylle, hydrothérapie du colon, cures de psyllium,…). Le concept est aussi qu’une personne en sante devrait aller à la selle autant de fois qu’elle a prit de repas par jour.

Constat : Non. Non. Et Non. Le rythme « régulier » est d’aller à la selle une à deux fois au matin avec élimination complète. Tout lavement perturbe énormément le système digestif et l’intégrité du colon ainsi que le métabolisme, malgré la vague sensation de bien-être qui peut s’en suivre, toujours pour une courte durée. De plus et à nouveau, habituer le corps à quelque chose l’empêche de le faire correctement de manière naturelle. Parlons aussi des lavements au café, en plus de perturber toute la flore et les fonctions du système digestif, savez-vous que le taux d’absorption dans le sang par voie anale est très rapide et que vous risquez fortement le choc anaphylactique ? Blâmer votre colon parce qu’il ne fonctionne pas, c’est blâmer le moteur d’une voiture dans laquelle nous aurions mis la mauvaise essence, le problème n’est pas la…

Naturopathie/Herboristerie 

Postulat : Utiliser les plantes et ressources naturelles de diverses manières pour prévenir et soigner, en réponse à la médecine allopathique conventionnelle dont les effets secondaires sont souvent dévastateurs pour l’homme comme l’environnement.

Constat : Je suis moi-même étudiante en Naturopathie et Herboristerie et ne saurait dire combien pour moi c’est un pilier et enjeu majeur en terme de santé dans la nouvelle médecine à venir. Cependant, il convient de poser un diagnostic précis, avec application précise et individualisation sinon cela reste une science aveugle. Non, le jus de citron+miel+eau chaude n’est pas pour tout le monde. Non, la chlorelle n’est pas pour tout le monde. Les médecines ancestrales utilisent la lecture du pouls comme diagnostic, et cela n’est pas donné à tous les praticiens, mais aller au mieux dans une approche personnalisée et cohésive est crucial. L’enseignement qui est donné varie selon les écoles, et je me considère chanceuse de pouvoir étudier avec l’Herbotheque , dont je ne saurais que vanter la qualité du contenu des cours et la qualité humaine des gens qui y travaillent.

 

Ces constats ne sont pas uniquement les miens. Ce sont ceux de millions de gens qui ne s’expriment pas car perdus, se cherchant dans la masse et les contradictions et étouffés par les fervents dévots de certains courants devenus sectaires qui s’empresseront de vous insulter si vous les contredisez ou ne suivez pas les diktats.

 L’équilibre

Dès lors, comment retrouver le dialogue et l’équilibre une fois que celui-ci a été totalement vicié et brouillé?

Couper les sources d’informations vindicatives; nous avons toujours tendance à nous chercher des maitres à penser qui exploitent nos vulnérabilités, nos peurs. Prenez soin de vous avec patience et temps, le mental, l’ego met la pression, l’âme a le temps.

Cesser de vous comparer, avec les autres et en vous-même de vous juger. Il n’y a aucune norme. Imaginez, si vous deviez faire tout ce qui est proclame plus haut en postulat et qui n’est même pas un quart de tout ce qui est affirmé ici et là par diverses sources et courants, et tout calculer, peser, quantifier, codifier ; vous y passeriez la journée et deviendrez fou. La Vie c’est tout le contraire, la Santé c’est tout le contraire.

Tout mouvement qui vous enlève votre unicité, votre pouvoir et valeur personnelle, crée un conflit en vous-même. Il vous faut aimer votre corps comme si vous l’aviez choisi  car c’est peut être réellement le cas, car il permettra le développement et l’expérience de ce monde a votre âme, que c’est votre temple et que chacun de ses souffles est une prière.

Parce que nous vivons dans une société toxique et polluée, à notre image, nous avons créé son contraire c’est-à-dire l’orthorexie, l’extrême quête de pureté, la quête de la détoxification ultime, d’une santé absolue, qui passerait presque totalement par le corps mettant de cote l’âme et l’esprit.

Parce que nous vivons dans une société sédentaire et abêtie, nous avons créé son contraire c’est-à-dire le sport comme performance, culte, exutoire.

La solution n’est ni dans un extrême ni dans un autre. La vie est équilibre.

Souvenez-vous qu’il n’y a aucune norme ni aucun modèle préconçu de santé comme de beauté. Que ce qui est nectar pour l’un peut être poison pour l’autre. Que tout est subjectif parce que vous êtes le centre du monde. Vous êtes votre propre référent.

Souvenez-vous que votre corps n’est pas fait de parties sécable, que tout communique avec tout. Souvenez-vous que votre âme et esprit sont votre gouvernail.

Considérez que la plupart de ce qui est clamé aujourd’hui en médecine moderne comme alternative n’a que quelques siècles voire moins de recul et donc de preuve et d’experience comparativement aux médecines ancestrales qui ont des millénaires de sagesse, de pratique et de conclusions.

Choissisez votre praticien plus parce que vous aimez ce qu’il est, en tant qu’être, que par ce qu’il raconte.

Je ne dis pas que l’Ayurvéda est la médecine du futur, je ne dis pas que c’est votre réponse. Je dis que la médecine du futur viendra de la cohésion de tous les systèmes de santé travaillant ensemble, et je dis que vous avez votre réponse, et qu’il existe des praticiens authentiques (en Ayurvéda, en Médecine chinoise, en Naturopathie, etc.) qui peuvent vous aider à trouver votre réponse, ce qui est juste pour vous, ce qui fait du sens en fonction de votre être et seulement votre être.

Je dis que la médecine de demain est intégrative et holistique, qu’elle écoute plus l’âme que le corps et l’âme à travers le corps. Qu’elle est plus au service de la santé, que de la maladie. Que toute maladie est un bourgeon en devenir.

Je dis que vouloir soumettre son corps à son mental est un problème d’ego.

Je dis qu’il vaut peut-être mieux être heureux et malade qu’en contrôle et soit disant santé mais apathique et stressé.

Je dis que tous ces principes énumérés plus haut ont chacun en soi une idée porteuse et un argument valable, cependant ils ont été érigés comme religions et généralisés. Ces principes peuvent trouver leur justification dépendamment de la personne et de son cas particulier, et seulement à cette condition.

Je dis qu’un aliment possède de nombreuses caractéristiques : Une ou plusieurs saveurs qui ont leur effets particuliers, un potentiel réchauffant ou refroidissant, un gout post-digestif qui aura lui aussi et surtout ses effets particuliers, un ou plusieurs effets globaux sur chaque individu et son état de santé, que tout cela peut varier selon les combinaisons avec d’autres aliments et modes de cuisson, et quelques caractéristiques propres. Il convient aussi de prendre en compte sa couleur, sa provenance, la saison, la quantité, notre désir ou aversion pour celui-ci, sa texture, s’il est préparé et mangé dans des conditions propices, etc. ; tous ces points ne sont quasiment jamais étudiés et pris en compte dans les courants actuels et encore moins dans la pseudoscience qu’est la diététique c’est pourquoi nous sommes comme des apprentis chimistes qui s’essayent et concluent sans faire cas de toutes ces subtilités pourtant essentielles.

L’ultime critère en matière de santé est l’Art de l’Application, de la spécialisation, qui consiste la préface du livre que je co-écrit actuellement avec le Dr. Soni, B.A.M.S  (Bachelor of Ayurvedic Medicine and Surgery ) et physicien Panchakarma à Bhawani Ayurveda.

Pour toute prise de contact (entretien personnel, consultations individuelles, formations, propositions de collaboration, etc.) je reste à votre  disposition et vous répondrais au mieux de mes disponibilités et de mon temps, en vous remerciant chaleureusement par avance.

 -Emmanuelle Soni-Dessaigne