Alcool, drogues & Ayurvéda

visha

 

En médecine Ayurvédique, toute substance susceptible de produire un effet toxique à long terme ou immédiat est nommée « Visha ».

De nombreux poisons tombent sous cette appellation tel le venin ou le cyanure, mais aussi de nombreux plus communs comme l’alcool, le vin, le tabac.

On y classifiera aussi toute substance minérale, végétale, animale contaminée, et toute combinaison alimentaire impropre ayant résulté en fermentations et toxines.

Le terme « Visha » signifie littéralement « qui envahit, qui occupe » mais aussi « qui attriste ». On le traduit généralement par « qui menace la vie et promeut la tristesse. » On trace les premières références à de telles substances dans les Vedas (textes les plus anciens et sacrés de l’Inde) et autres textes significatifs tel le Mahabharata et le Ramayana. La toxicologie et pharmacopée relative aux poisons était profondément utilisée dans l’Inde ancienne et de nous jours encore, comprenant que si une substance est à même d’avoir une telle puissance pour ôter ou affecter la vie, une fois purifiée et transformée par un procédé alchimique, elle aura le même potentiel mais cette fois pour rendre ou régénérer la vie. Loin de là l’idée de les banir donc.

Les procédés de purification des poisons (Shodhana) ainsi que les manières adéquates de les administrer sont largement détaillées dans les textes classiques. Dans la littérature Chinoise ancienne on retrouve également une approche similaire, par exemple en ce qui a trait à la purification de diverses herbes tel nux-vomica. Il y est mentionné que la toxicité s’en trouve réduite et le potentiel accru. Ceci étant attribué aux changements qualitatifs et quantitatifs dans le profil phyto-chimique suite aux procédés de transformation. Communément encore sont purifiés pierres précieuses et métaux, dont les cendres (Bashma) sont utilisées en médecine Ayurvédique pour le traitement de maladies avancées.

Par exemple, l’Aconite (Vatsanabha) qui sous forme brute peut déclencher un arrêt cardiaque, une fois purifiée, deviendra tonique et régénérante des fonctions cardio-vasculaires.

En ce qui nous concerne, il convient de comprendre comment donc des substances « Visha » incluant l’alcool, le tabac, le cannabis ou autres drogues sont potentiellement nocives ou bénéfiques et quels sont leurs effets sur le corps.

Cela tient principalement en deux termes : Vyavayi et Vikasi.

Deux propriétés puissantes qui poussent à mesure et précaution :

  • Vyavayi : À l’image d’une goutte d’huile qui se répandrait sur une étendue d’eau, cette propriété fait que la substance ingérée se répand immédiatement dans le corps avant d’être digérée, elle est d’abord dispersée puis digérée. Elle accède aux tissus profonds et aux méridiens les plus fins.
  • Vikasi : Pour que cette dispersion rapide puisse avoir lieu, la propriété Vikasi entre en œuvre. Elle ouvre les canaux de circulation d’énergie et à la fois brise l’architecture du corps et les liens entre les différents éléments de celui-ci (plasma, sang, os, moelle, etc.) impactant donc leurs fonctions et organes associés. Alors, si la première sensation sera de l’ordre d’un sentiment de bien-être, d’ouverture, de clarté ou de légèreté, sa nature coupante, tranchante et pénétrante aura tôt fait d’assécher, d’émacier et de détériorer le corps et l’esprit. Une fois que le déséquilibre est profondément installé, il devient très difficile de rétablir l’ordre naturel, d’autant qu’une autre propriété favorisant l’addiction entre en jeu (Madavaha).

(La liste complète des propriétés est détaillée dans le tableau ci-dessous en référence aux livres/auteurs qui les ont identifiées.)

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Ainsi, toute substance Visha, prise de façon judicieuse et adéquate pour telle ou telle condition sera extrêmement bénéfique, et à l’inverse prise de manière inappropriée et régulière, viciera le sang et tous les Doshas (composants élémentaires du corps), nous enchainant dans une énergie de léthargie, de tristesse ( Tamas ).

Les alcools ( Madya ) et fumées médicinales ( Dhuma ) sont largement utilisés en médecine Ayurvédique mais sous forme médicamenteuse et ponctuelle, loin de l’usage qui en est fait sous les latitudes occidentales.

 

Source
Concept of Visha and its pharmacological basis in Ayurveda – Bhide Bhargav , Acharya Rabinarayan Dept. of Dravyaguna, IPGT & RA, Jamnagar, Gujarat, India
Astanga Hridayam

Ayurvéda, Allopathie et autres médecines

ayurvedaallopathie

Notre but n’est pas de diviser la médecine moderne et l’Ayurvéda, ni de discriminer l’une au profit de l’autre. Au contraire, nous sommes convaincus que le futur viendra de l’union du meilleur de toutes les disciplines et d’un respect mutuel et profond, dans la compréhension et l’intégration, puisque la médecine allopathique est aussi fille de l’Ayurvéda.

Ici, nous allons simplement mettre en lumière certaines différences ou similarités dans l’approche afin que vous ayez l’opportunité du choix et toutes les informations pour réfléchir. Chaque système de traitement a des points et caractéristiques uniques, ainsi que des limites, et il est essentiel d’enrichir notre connaissance et de regarder dans les concepts des autres systèmes médicinaux et médicaux.

Être Docteur en Ayurvéda signifie avoir la connaissance non seulement de la médecine Ayurvédique mais également Unani ( Médecine Greco-Arabe ), du Yoga ( voir article Ici ), et de la science moderne incluant : Nutrition, pharmacologie clinique, infection, pulmonologie, gastro-entérologie, néphrologie, neurologie, oncologie, psychiatrie, génétique, immunologie, cardiologie, hépatologie, endocrinologie, hématologie, rhumatologie, médecine environnementale, soins d’urgences et d’autres spécialités qui divisent les branches de la médecine moderne. L’étude de la science moderne est obligatoire pour le doctorat en médecine Ayurvédique et elle ne fait que renforcer la beauté de L’Ayurvéda et ses principes dans un monde tel que le nôtre.

L’AYURVEDA ET LA MEDECINE MODERNE

Un but à long terme

L’occident recherche souvent une detox rapide, une pilule miracle, quelque chose qui résoudrait tout très vite, compensant des années de problèmes, d’alimentation et style de vie impropre. Cette approche brusque et brutale ne fait pourtant qu’aggraver les troubles tels qu’il soit car rien dans la Nature ne fonctionne avec force et temps et patience sont requis si l’on veut résoudre les problèmes jusqu’à la racine. Lorsqu’un nettoyage est fait trop sévèrement, trop fortement et trop rapidement, cela ne fait que ramener les toxines en circulation et charger le corps au point que celui-ci ne peut plus les traiter et que les organes en sont affaiblis et alourdis. Il existe également en Ayurvéda des remèdes rapides mais qui sont utilisés uniquement pour des cas urgents et spécifiques et selon un protocole particulier par la suite afin de rétablir l’équilibre à long terme. Lorsque l’on traite la cause racine non seulement on traite la maladie mais on prévient toute récurrence.

Le role de la Spiritualité

La dépression, le stress, l’anxiété sont des troubles communs qui nous affligent. Souvent, ils sont utilisés pour expliquer ou justifier des réactions du corps que la science ne peut expliquer et a l’inverse, un corps en déséquilibre amène des déséquilibres mentaux. Le corps et l’Esprit sont unis, intriqués, et cherchent à travailler ensemble de manière optimale dans un partenariat pour la vie, sans quoi plusieurs pathologies se développent et avec le temps, affectent l’être tout entier.

Le Cancer, maladie du Siècle, est principalement dû à un manque d’hygiène dans le style de vie ou l’alimentation et a un déséquilibre dans nos émotions et notre spiritualité. Sans travailler sur le facteur Esprit dans chaque maladie, celle-ci va de nouveau survenir. Rien dans le corps ne peut rester si l’Esprit ne le permet pas, consciemment ou inconsciemment.

La médecine moderne met de côté cela et confond la spiritualité avec la religion ou les médecines alternatives, alors que c’est un point central pour toute guérison. La source de tous maux n’est pas matérielle, les manifestations physiques ne sont que les enfants d’un problème plus profond. Si des éléments ponctuels et extérieurs peuvent provoquer une maladie (Virus, etc.) c’est que quelque chose a permis cette intrusion. Ainsi, il n’est que perte de temps et errance que de se battre contre la manifestation des symptômes sans aller à la source du problème. Il est important d’aller voir la personnalité du patient, ses tendances négatives, acquises ou héritées.

Un autre point est le Karma. Sans cette vision, le monde n’est qu’un lieu injuste ou les gens sont pauvres, riches, handicapés, ou des enfants ont le cancer ou sont exploités sexuellement, ou d’autres sont célèbres et adulés, etc. La vie n’étant ainsi qu’un jeu aléatoire ou vous pouvez être chanceux ou ne pas l’être. Le Karma aide à comprendre et éclairer les lois universelles dans lesquelles tout se produit pour une raison, ou il n’y aucune place pour le Hasard. Le Karma nous permet de réaliser que ce à quoi nous faisons face et ce que nous expérimentons dans notre vie est la conséquence de nos actions, de toutes nos vies cumulativement, et que nous sommes ici pour la compréhension et l’évolution de notre Âme à travers des expériences nécessaires à celles-ci qui nous sont fournies par les situations dans lesquelles nous sommes.

Le remède à la douleur, est dans la douleur.

Rumi

Le corps: un ensemble insécable

Le corps est une entité globale dont les parties ne peuvent être prises individuellement, parce qu’elles travaillent ensemble en interdépendance et harmonie. A nouveau, prenons l’exemple d’une voiture. Lorsqu’une piece importante ne marche plus, c’est la voiture entiere qui est a l’arret. Les traitements Ayurvédiques prennent toujours en compte tous les aspects de l’être. La médecine moderne ne fait que commencer à réaliser et incorporer ce concept, sortant progressivement hors de la noirceur de la spécialisation ou un organe est pris indépendamment et séparément du tout pour être analysé et traité. Ce concept manque à comprendre que pas même une seule cellule ne peut fonctionner par elle-même sans communiquer ; similairement, si un organe est affaibli ou déséquilibré, c’est toute la chaine qui s’en ressent. Oui, la vie continue toujours car le corps est une machine incroyable pouvant supporter beaucoup de traumas, mais inévitablement la dégénérescence et les désordres vont commencer à se manifester. Le corps humain est si complexe que de vouloir le délimiter est artificiel.

De l’importance du style de vie et de la prévention

Dans la médecine moderne, la maladie n’est traitée qu’après apparition des symptômes, alors que dans la vision Ayurvédique cela se manifeste à un stade déjà avancé ou la maladie progresse rapidement si elle n’est pas prise en charge. A ce stade, il est plus difficile de la traiter et de la guérir. Il est ainsi évident que la prévention de toutes les manières possibles dans une routine personnalisée et individualisée est de la plus grande importance. Les savants Ayurvédiques sont à même de diagnostiquer les troubles à leur genèse ( Samprapti ), bien avant que des complications plus sérieuses ne commencent. L’Ayurvéda classifie l’évolution d’une maladie en 6 stades. Les méthodes de diagnostics modernes ne sont capables de détecter un problème qu’aux stades 5 et 6. La médecine est à la fois Art et Science, malheureusement l’Art de Vivre trouve rarement sa place dans la médecine moderne et en pratique.

Le Diagnostic

Non seulement l’Ayurvéda mais également de nombreuses médecines utilisent le Pouls comme méthode de diagnostic suprême alors qu’elle est inexistante en médecine moderne où sont utilisés des équipements et procédures invasives ( prises de sang, etc. ). Cependant, les investigations modernes tels que résultats de laboratoires peuvent assister ou être interprétés en termes Ayurvédiques et utilisés comme paramètres pour observer les effets d’un traitement ou en consolider les principes.

Les effets secondaires

Même les traitements Ayurvédiques peuvent avoir des effets secondaires et indésirables tels que: nausée, insomnie, migraines, diarrhée, etc. mais ceux-ci sont compris par le corps et ne sont que ponctuels, sans danger sérieux si bien supervisés.

Les traitements allopathiques conventionnels s’accompagnent presque toujours d’effets secondaires qui vont aller déséquilibrer une autre partie du corps ou de l’Esprit. Prenons l’exemple de la Chimiothérapie. Le bon sens dirait que lorsque quelque chose est affligé et affaibli, il convient de le renforcer. C’est la question cruciale et controversée actuellement dans la façon de traiter le Cancer en médecine moderne, puisque la Chimiothérapie vise à affaiblir le corps pour enlever l’affliction et de nombreuses personnes meurent non du cancer mais de la chimiothérapie. Oui, certaines s’en sortent, mais sont elles aussi fortes qu’avant, et quels ont été les sacrifices ? Cette approche est à l’oppose de celle Ayurvédique, qui vise toujours à renforcer afin que le corps comprenne comment se guérir lui-même.

Les symptômes et la cause

La médecine Allopathique concentre principalement ses efforts pour régler les symptômes et non la cause. En Ayurvéda nous travaillons non seulement sur les symptômes mais il existe en tout 6 différents principes pris en compte.

Pour résumer:

      • La terminologie diffère, avec ou sans corrélation ou synonymes en termes modernes
      • L’anatomie et la physiologie diffère
      • La pathogenèse et la méthode de diagnostic diffère
      • L’Ayurvéda et de nombreuses médecines travaillent avec le concept d’énergie vitale, Prana ou Qi, alors que la médecine moderne rejette ou néglige ce concept d’énergies, de méridiens, de chakras, et d’Âme.
      • La science moderne voit le corps comme fait d’unités spécialisées alors que l’Ayurvéda voit le tout comme un ensemble inter relié
      • La médecine moderne vise principalement les symptômes et non la cause
      • L’Ayurvéda n’a que peu ou aucuns effets secondaires alors que la médecine moderne n’a que trop d’effets collatéraux
      • Les cours de médecine n’incluent pas ou peu les autres systèmes et médecines, ainsi que la nutrition, la prévention et le style de vie qui ont un rôle clé. Un diplôme Ayurvédique comprend tout dans une approche holistique.

L’AYURVEDA ET LES AUTRES MEDECINES

La quête d’un remède est celle de l’homme depuis les âges primitifs, pour alléger ses souffrances et pallier à l’âge et la dégénérescence. Cela a commencé avec l’apprentissage de la Nature et de ses lois et applications, qui se sont transmis de générations en générations : des âges de la transmission orale à la transcription sur papier ou sur logiciels de nos jours. Nous avons adapté nos connaissances à nos conditions environnementales et écologiques. Ainsi, différents systèmes ont vu le jour et évolués de par le monde, ayant tous l’Ayurvéda comme tronc commun et ancestral, l’Ayurvéda existant depuis des temps immémoriaux, depuis l’existence de la vie elle-même.

Voici une brève comparaison dans les approches, vous remarquerez à l’évidence que ce ne sont que les branches d’un même arbre:

      • Yoga : croit en l’existence d’un Dieu, d’une Source et d’un soi superieur. Croit que le salut vient d’une maitrise intérieure et que toutes les maladies sont dues à une identification erronée avec ce que l’on croit être soi ( En Ayurveda, Sushruta dit de même que la source ultime de toutes les maladies réside dans une déconnection avec notre nature divine, tombant dans l’illusion de la séparation) . Contrairement aux systèmes médicaux où un agent externe tient lieu de correctif, ici c’est le patient lui-même qui par une discipline et des efforts constants peut se guérir.  Livre de reference : Hatha Yoga Pradipika
      • Naturopathie : croit que la guérison vient de l’harmonie avec la Nature et ses lois et utilise la nature pour guérir, suivant les principes d’une routine quotidienne et saisonnière, et des codes et pratiques de vie naturelle.

Avicenna (Ibn Sina) (c.980—1037), un mathématicien Perse reconnu comme l’un des penseurs et écrivain les plus illustres de l’Age d’Or Islamique. Le Canon de la Médecine : le scientifique Avicenna opérant sur une femme, outils en haut a gauche.

      • Unani : Médecine Greco-Arabe. Tout comme l’Ayurvéda, travaille avec le concept d’humeurs ( Doshas ),comprend la théorie d’éléments fondamentaux ( PanchaMahabuta ), utilise des préparations minérales/herbales/animales, utilise le pouls/urines/selles pour diagnostic. Livres de reference: The canon of medicine from Avicenna, Al Tabreef, Kitabul manzeer, Kitabul kulliyat.
      • Siddha : La médecine des saints Indiens, travaille avec le concept d’humeurs ( Doshas ),comprend la théorie d’éléments fondamentaux ( PanchaMahabuta ), diagnostique utilisant le pouls, la langue, les yeux, les urines, les selles, la voix… utilise des composes minéraux et certains herbaux, travaille beaucoup avec le Mercure. Livres référence : Agastyar, Teriyar, Bhogar, Tirumutar.
      • Amchi Système – Sowa  rigpa  : Médecine tibétaine, comprend le concept de Doshas et d’éléments fondateurs, diagnostique utilisant le pouls, la langue, les yeux… Reference : RGyud-bzi.

Le concept Tibetan de sante/maladie a été illustré sous forme d’un arbre dans le rGyud-bZhi.

      • MTC – Médecine traditionnelle chinoise: Comprend le concept d’éléments fondateurs, et que le déséquilibre vient d’un déséquilibre entre ces éléments dans le corps. Diagnostique utilisant le pouls, la langue, etc. Utilise les plantes et herbes pour traiter les maladies, travaille avec les points vitaux (Acupuncture, en Ayurvéda cela se nomme la Marmathérapie ), etc.
      • Homéopathie : Utilise les lois de la Nature et la Nature pour guérir selon la loi des similarités et des contraires

Sans oublier de nombreux autres systèmes tels que la médecine Maya, la médecine Amérindienne, et toutes les sagesses et astuces de nos ancêtres.

Pour conclure et souligner à nouveau, l’Ayurvéda n’accepte ni ne rejette toute autre médecine, mais plutôt aspire à l’union des pratiques, des peuples, des cultures et des religions, pour le bien-être de l’homme et de la Nature.


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Pour votre Santé, évitez les Jus et Smoothies

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Parlons de cette tendance qui dure. Il est maintenant très courant d’investir beaucoup d’argent dans l’achat d’extracteurs de jus, de mixeurs, de Blender…dans le but de faire ces soi-disant boissons et jus santé proclamés remèdes contre presque tout du cancer a l’arthrose aux désordres digestifs. Cette fausse vérité est tellement ancrée qu’elle est maintenant presque imprimée de manière certaine et inébranlable dans les esprits.

Eh bien, l’Ayurvéda à un autre point de vu, opposé, sur le sujet et voici pourquoi il est important de reconsidérer ces rumeurs.

En Ayurvéda, notre Agni ou feu digestif est un de nos plus précieux trésors. Il est dit que 99.9% des maladies commencent dans le corps par une mauvaise digestion, assimilation, élimination. De même, la médecine traditionnelle Chinoise tient en plus haute estime notre système digestif, le considérant comme un feu sacré.

Afin que ce feu puisse continuer de bruler et de maintenir notre santé et prolonger notre vie, il est nécessaire de lui fournir une nourriture appropriée. Les jus crus n’entrent pas dans cette catégorie. Voici pourquoi.

COMPRENDRE LA PROBLEMATIQUE

  • Les jus crus et autres concentrés sont souvent servis froids ou glacés, ce qui est un désastre pour notre digestion et notre poids.

  • Ils contiennent l’essence même des aliments rendant la préparation très lourde à digérer contrairement à ce qui est dit. « Svarasa » ou le jus d’une plante est consideré comme l’une des préparations les plus lourdes a digérer selon la pharmacopée Ayurvédique. Prenons l’exemple de la marmite mijotant sur le feu. Le feu est notre Agni, notre feu digestif. La marmite est notre estomac, prêt à recevoir la nourriture, ainsi que tous les organes associés pour la transformer. Si nous mettons de l’eau froide cela mettra du temps à bouillir. Et si, alors que l’ébullition est en cours, nous ajoutons quelque chose de similaire froid et lourd, non seulement nous allons à nouveau ralentir la cuisson mais sans doute mettre le feu aussi au ralentit, ce qui finalement conduira à prendre des heures. Similairement est notre système digestif. Il faut s’assurer dans tous les cas d’avoir digéré notre précédent repas ou boisson avant de manger/boire à nouveau, et a tout prix éviter de terminer un repas par un jus ou smoothie.
  • La combinaison alimentaire est souvent inappropriée (tel fruits sucrés et acides, légumes verts et fruits, etc. alors que les fruits doivent toujours être pris séparément), rendant encore plus complexe la digestion et requérant beaucoup d’énergie pour séparer et assimiler la préparation. Pour qu’un repas soit proprement digéré il faut que les aliments se marient ensemble (c’est pourquoi autrefois la cuisson se faisait lentement sur feu de bois ou à basse température pendant des heures afin que les saveurs et propriétés inhérentes de chaque aliment se mélangent harmonieusement) ; il faut également que les aliments soient mâchés (dois-je rappeler que boire n’est pas manger et que les enzymes digestives ne sont pas secrétées de la même manière). Mélanger de nombreuses choses différentes, aux propriétés différentes, dans un mélangeur, à haute vitesse, ne permet pas à la magie d’opérer ni aux transformations subtiles de se faire, ce qui pourtant est crucial. Tout cela conduisant éventuellement a des fermentations et une indigestion, donnant la sensation de satiété, de lourdeur, qui n’est pas de bon augure. Toute nourriture non métabolisée/non digérée correctement crée des déchets et toxines ( Ama ) qui s’accumulent et finalement s’installent profondément dans les méridiens et les tissus ( Dhatus, tel que sang, os, graisse, muscle…)  conduisant à des maladies plus sérieuses.
  • Les Smoothies sont souvent fait avec des bananes qui sont Douces et Lourdes par nature. Elles ne conviennent pas lorsque le système digestif est sensible, ni lorsque le climat dans lequel on vit est frais/froid, et de plus, si elles sont ingérées sur estomac vide comme c’est souvent le cas au petit déjeuner, elles ont la particularité de bloquer les canaux d’énergie subtils et vitaux. Elles sont également a éviter dans toute condition de prédominance Kapha, et de toxines (langue chargée, cancer, désordres digestifs, etc.).
  • Souvent, des “Superaliments” sont rajoutés tels graines de Lin/Chia, baies de goji, huile de Coco (qui est lourde à digérer et impropre à consommer en climat froid), Spiruline/Chlorelle (qui sont prohibées, comme tout produit de la mer, dans tout désordre du foie en Ayurvéda ) ; rendant la boisson encore plus lourde et complexe.
  • Les qualités ou attributs (Gunas) des jus ou concentrés sont généralement : froid, sec, rugueux (de par les fruits et légumes contenus qui ont ses propriétés post digestives – Vipaka). Ces attributs sont similaires à ceux du dosha Vata, aggravant ainsi les personnes de constitution Vata (Vata Prakriti), ou en état Vata (Vata Vikriti). Parfois, l’attribut est aussi Lourd, ce qui dans ce cas va aussi aggraver le dosha Kapha, mauvaise nouvelle pour les personnes ayant des toxines ou recherchant une perte de poids. Noter aussi qu’aucune perte de poids ne peut être durable par consommation d’aliments ou boissons de nature Froide. Malheureusement, souvent les personnes qui se tournent vers cette nouvelle tendance aux jus crus le font parce qu’elles recherchent santé et guérison de désordres digestifs, dont la cause sous-jacente est souvent un désordre Vata et/ou Kapha, ne réalisant ainsi pas qu’elles ne font qu’empirer le problème sur du long terme. Ainsi, ne tarderont pas à se manifester : gaz, ballonnements, diarrhée ou constipation, énergie et humeur variable, digestion variable, accumulation de déchets ( Ama ),  désordres articulaires et hyperlaxie, manque de concentration, insomnie, désordres nerveux, troubles hormonaux, infertilité, baisse de l’énergie vitale et dégénérescence, fatigue, etc. Il est de prime importance de regarder les attributs des aliments plutôt que leur contenu nutritionnel. C’est la base de la cuisine Ayurvédique et la clef pour comprendre comment faire de notre assiette notre meilleur allié pour la vie et notre premier médicament.
  • Ces préparations peuvent déséquilibrer le métabolisme créant des problèmes de catabolisme/anabolisme se traduisant souvent par un changement ou des fluctuations dans la silhouette, l’énergie et le poids.

TROUVER L’EQUILIBRE

Bien-sûr, les aliments crus contiennent plus de minéraux, d’antioxydants, de micronutriments et de vitamines en comparaison avec ceux cuits  (bien que certains comme la Tomate et son Lycopene voient leur contenu accroitre par cuisson). Cependant, quel est l’intérêt d’en consommer si ils ne sont ni digérer ni assimiler en bout de ligne ? L’équilibre réside dans une méthode de préparation et cuisson appropriée, suffisante pour garder notre feu digestif, assez douce pour garder l’essence de l’aliment.

Ne mélanger pas du cru et du cuit au même repas. Choisissez l’un ou l’autre, car les enzymes nécessaires a la digestion ne sont pas les même pour chacun et conduiraient à un affaiblissement du feu digestif ou une mauvaise digestion.

Les épices, sont une aide précieuse pour contrer les qualités inhérentes des jus et concentrés crus, tout en parfumant de saveurs. Au choix : poudre de gingembre sec, cannelle, cardamome, curcuma, fenouil, ajwain, etc.

Servir tiède ou à température de la pièce.

Rester dans la simplicité (carotte/betterave ou pomme/poire, etc.) simplifiera le cote dense et lourd.

Éviter de consommer en Hiver ou si votre digestion n’est pas optimale.

Essayer vos légumes en soupe légère pour changer :)


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne

Le jeûne en Ayurvéda

fasting

Fasting is used since ancient times for spiritual rituals for purification, religious meanings, and quest of longevity and health as well as mental challenges.

Recent scientific investigations confirm the value of fasting and prove its importance as a mean that can help to find health.

But, just like with each tool, it is not to be used by anyone and under any circumstance.

Nowadays it seems like the world is crazy about fasting, claiming it as a cure for almost everything, and almost everyone, which is not only absolutely false but extremely dangerous as well.

In fact, there are multiple ways to fast, applicable only for and under specific conditions, with also precautions to take.

Details.

WHAT IS FASTING?

Fasting is described in all the Ayurvedic classics as Langhana, a method aiming at cleansing and depleting, which opposite is Brihmana, increasing and stoutening.

FOR WHOM?

It is advised for people having:

  • Ama ( toxins )

For people having little Ama it is recommended.

For people having moderate quantity of Ama, it is advised to be used along with Deepana (digestive) medicines.

For people having severe quantity of Ama, only a Panchakarma therapy is advised in order to expel out the toxins and vitiated Doshas at their root.

  • Suffering from light excess weight, Pitta and Kapha predominance, Fever, Vomiting, Diarrhea, heart diseases, constipation, heaviness, nausea, diabetes, skin diseases, etc.

HOW?

Fasting is not as it is claimed to be, eating nothing for some days or weeks.

In all cases, it has to be gradual and evaluated accordingly to how you react to it.

The different types of fasting include:

  • Consuming only light foods (white rice with cooked vegetables, cooked moong or red lentils, cooked fruits etc.)
  • Abstaining from solid and drinking only water or infusions.
  • Abstaining from both food and water.

The easiest way is first and foremost to always eat little less than your appetite, in quietness and chewing well. This way, you ensure an optimum digestion and prevent the creation of toxins, which are only undigested or improperly metabolized food.

Also, always eat only when the previous meal is properly digested. If you still feel heavy and not hungry, skip the meal.

Below are enumerated not exhaustively, the most common and trendy ways to fast nowadays:

  • George Oshawa Macrobiotic diet #7 : eating only brown rice for 7 days
  • Water-lemon-honey fast : fasting for X numbers of days only on this preparation
  • Juice / smoothie fast : fasting for X numbers of days only on juicing
  • Fruits fast : eating only fruits, mostly raw, for X numbers of days
  • Post chemotherapy : fasting for multiples days or weeks in order to remove the toxins
  • Excessive exercises : not eating and training daily
  • Sauna fast : not eating and sweating a lot in order to promote more weight loss
  • Kitcharee fasting : eating only Kitcharee for X numbers of days, generally 3 days to a week.

Those are just fashions. They are far from the ancestral medicines wisdom and only excessive measures that can lead to more diseases and disorders if not applied per your constitution and various factor that only a Dr. or practitioner can assess.

Also, with monodiets, only eating one kind of food for some time the mind starts to reject it hence the food is no longer nourishing and sustaining that is why in the beginning results are seen but with time long lasting troubles are created.

FOR HOW LONG?

Intermittent fasting is the safest and most adequate way to fast.

Actually, there should be between 12 to 14 hours between your last and next meal. It can be done overnight by eating early dinner around 6 or 7 PM, and taking the breakfast between 7 and 9 AM. This way, your body will have time to process the previous day and make you ready and sleep soundly for the coming one.

Long term fasting is not at all recommended neither in Ayurveda nor in Chinese Medicine, no matter the condition of the patient.

It is likely to lead to more imbalanced Doshas and disorders.

Also, one should enter and come out of the fast gradually. Fasting for 3 days and indulging on the fourth will destroy completely all the benefits, if any. Post fasting, you have to be careful for twice the time of the fast, with quantity half than what you used to eat, and the food should be very light starting with warm soups and progressively going to solids.

WHEN?

The season in which one undergo fasting is of extreme importance. Winter is the best time for fasting, for anyone, while Summer is not suitable for it ( it can lead to dehydration, irreversible damage to organs such as kidneys ).

When your body and mind is ready for it, being totally determined for it.

BENEFITS AND DANGERS

Benefits

  • Clarity of senses, sharpeness
  • Wastes and Ama expulsion
  • Lightness and enthusiasm feeling
  • Real hunger

Dangers

Excessive or improper fasting leads to:

  • Deep emaciation or deep obesity
  • Dizziness, vertigo
  • Anorexia
  • Dryness
  • Digestive disorder, lack of digestive strength
  • Loss of functions and senses impaction ( sleep disorder, delusion, poor vision, loss of hearing,
  • Loss of vital energy ( Ojas ) and exhaustion
  • Non elimination ( faeces, urine )
  • Pain in the abdomen and chest
  • Stress, frustration, anger
  • Anorexia and bulimia, eating disorders

MYTHS AND COMMON TABOOS AROUND FASTING

The role of the Ego

I am more than convinced that Ego always comes into play in regards of fasting. The mind can bow the body at its will and often people forget to listen to their body’s signs to pursue their quest, forgetting in the same time that health comes from the alignment of Body and Mind both. The Sage Krishnamurti well describe this in his book, Freedom from the Known. People going to live in the forest, only eating some fruits in order to try to attain some spiritual realms or those who mortify their body in the hope of some enlightenment of God, are merely disconnecting from the Source itself and from themselves.

Fasting & Individualization

Fasting or specific diets should be absolutely personalized and evaluated accordingly to multiple parameters. For one individual, only a soup a day can be his detox plan and for another it would be 3 meals a day with specific food. Your optimal cleansing or health recovering plan can only be optimal if it is personalized, which only an Ayurvedic or holistic practitioner can determine. Such overall global regimen as mentioned above lack of understanding the importance of individualization and often cause much more harms than the benefits they claim.

Fasting & weight loss

In the Ayurvedic view, obesity is mostly a disorder of the metabolism. Eating or not eating is unlikely to solve the problem to its root cause, especially if you see your weight fluctuating randomly. For deep solution and healing, the metabolism must return back to normal and fasting can only weaken the metabolism more. Increasing at first the catabolism but after putting the body into starvation more further increasing the anabolism or weight gain, also called as Yo-yo effect. Ayurveda has a variety of methods for long lasting stable results that would be recommended by an Ayurvedic practitioner, including Panchakarma therapies.

Know that Agni, the digestive fire, is not only responsible for the digestion but also for the cleansing and elimination of accumulated toxins, hence it is not something to play with to follow trends or prove yourself you are up to the challenge. I know, you can be desperate and willing to try a fasting that would fasten your recovery, I have been in that state of mind myself and tried for 21 days, willing to lose some weight. I can only say that not only it did not help on the long run but it distorted my mind and my body and their relationship that only Ayurveda solved…and eating!


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-Dr. Manan Soni & Emmanuelle Dessaigne