J’entends ton coeur

a1939994431_10Lorsque vous êtes thérapeute, Dr, praticien, et que vous êtes confronté à la colère de patients, à leurs attentes, à leur désespoir, à leurs peurs, il peut être très difficile de se placer et de savoir quelle attitude adopter. Se sentant prisonnier entre l’attitude qui prend tout sur soi parce que voulant aider mais ne sachant comment faire, ou l’attitude qui renvoi le patient a lui-même avec une certaine dureté.

Le premier creuse un puit sans fond, le second érige un mur.

Le seul espace de guérison que vous pouvez offrir ou ouvrir est un espace d’amour et de bienveillance pour tous les aspects de l’être, où chacun de ses aspects ne sera pas rejeté mais intégré, chaque chose et tout ce que la maladie peut nous faire traverser, travailler et ressortir.

Dans cet espace, comprendre n’est pas forcément tolérer, mais entendre tout du moins. Lorsque j’entends un cœur qui pleure, je ne me demande pas si c’est parce que la personne s’est cassée une jambe, ou un ongle, s’est cognée la tête ou a perdu son frère, si elle m’insulte ou elle m’adore-  moi tout ce que j’entends, c’est un cœur qui pleure.

Nous avons tous été enfant et un jour perdu nos parents dans le supermarché ou notre ours en peluche et cru que c’était la fin du monde. Parce qu’à nos yeux ça l’était. Aux yeux de certains patients, pris dans leur maladie, la souffrance qu’ils ressentent ressort de milles manières, grandes ou ridicules, et parfois se déverse sur le thérapeute qui accompagne.

Certes, ce n’est pas une attitude qu’il faut légitimer sous couvert d’amour et de compréhension, mais notre attitude en retour doit permettre de l’appréhender avec tact, sympathie et fermeté  car ce qui parle à travers le patient est un rassemblement de symptômes, signes, fonctions désordonnées, organes endommagés et émotions perturbées.

Et c’est cela qu’il faut arriver à distinguer pour voir qu’au-delà et avant tout c’est surtout un être humain, apeuré, plein d’espoir comme autant de colère souvent, cherchant le soulagement, l’aide et la réassurance.

Parfois il faut juste que la personne soit guidée ou avec fermeté recadrée, mais toujours, toujours avec bienveillance.

Au physicien autant qu’ à l’anthropologue, rien d’humain ne doit être étrange ou repoussant. Car c’est aussi en nous-même. Le thérapeute devrait avoir une approche presque Shakespearienne dans l’ampleur de son intérêt pour le savant et le sôt, le fier et l’humble, le héros stoïque ou le lâche blâmeur. Il aime les gens car il se reconnait en eux.

Voilà une approche réellement scientifique, humaine, Ayurvédique ou ce que vous voulez, mais entière.

Que votre titre puisse vous permettre de ne pas être prompt au jugement et à la sévérité et la condamnation mais enclin à être attendri, encore et encore, même –surtout- par la haine.