De l’Éveil

template_article_eveil

 

J’entends de nombreuses personnes se prétendre « éveillées ».  Cela veut donc dire qu’il y a « les autres » = sous-entendu non éveillés = endormis = connotés « imbéciles » ?

 

Tout ce qui relève d’un jugement ou de la comparaison n’est pas de l’éveil. Nous sommes tous dans des sortes d’ornières a différents niveaux, et il nous appartient simplement d’ouvrir les yeux pour réaliser ce que nous sommes réellement, et de tout temps. Il n’y a donc pas d’éveillés et d’endormis, juste des personnes à divers stades permettant l’une l’autre de se révéler. Vous ne sauriez pas qui vous êtes sans cet autre que vous abhorrez, sans ces frictions et interactions. Vous oubliez que vous êtes tout ce qui est et tout ce qui est est vous. Etiquetter n’a aucun sens et ne tient la comparaison d’aucune manière, mais du point de vue de notre illusion, qui est souvent dichotomique et manichéenne, cela semble en avoir. Chaque fleur fleurit dans ses propres conditions : un sol aride, rocailleux, ou une tourbe humide des marais…les conditions de la floraison tout comme l’heure de celle-ci diffèrent selon chacun et chacun est amené à fleurir en sa saison.

Existe-t-il des critères à l’éveil, si oui, qui les a listés quelque part? N’est pas simplement faire confiance et se laisser porter par la vie dans l’Accueil, la Gratitude et l’Amour ? Ce n’est pas un état ayant un début et une fin, c’est un processus alchimique permanent , qui devient au fur et a mesure qu’il se crée, se transforme.

 

Je vois de nombreuses personnes se disant « éveillées » se prosterner devant telle icône, divinité, guru, se revendiquer de tel ou tel maitre à penser, de tel ou tel courant de connaissances.
 

C’est de tout temps, l’homme se plait devant des symboles, des « dieux » externes, des idoles.

Dès lors que le regard se tourne plus vers l’extérieur que l’intérieur, l’œil ne voit rien que ses projections et illusions. Il existe évidemment de magnifiques ouvrages et de magnifiques auteurs, mais ce sont toujours la créature au lieu du créateur, il faut donc les respecter mais non les adorer ni les ériger en vérité au-delà de celle qui vous est propre. Lire sur quelque chose ce n’est pas en faire l’expérience. Lire sur un plat, c’est loin de contenir toutes les sensations que manger celui-ci peut procurer. Il n’y a besoin d’aucun intermédiaire ou interprète entre vous et la Source, car il n’y a aucune séparation!

C’est une expérience directe. Dieu se trouve moins dans les temples et églises que dans les cœurs, moins dans les livres que dans un sourire d’enfant ou une fleur égarée.

 

Je vois beaucoup de personnes « éveillées », se croire emplies d’une mission divine qui serait supérieure hiérarchiquement.

 

Chaque vie a son importance. De la fourmi a l’astronaute. Chacun a fait des choix bien spécifiques et a reçu les conditions pour mener à bien ceux-ci, qu’ils soient de peindre ou de tenir un foyer ou de faire les deux à la fois. Il n’existe aucune hiérarchie. À nouveau et ultimement, l’expérience n’est pas de « faire » ou de « devenir » mais d’être. Vous n’emporterez pas vos diplômes, vos médailles, vos fiches de paye, vos biens immobiliers…vous emporterez vos expériences, l’amour que vous avez mis en chaque chose, les libérations que vous avez entreprises.

Il n’y a aucune échelle de valeur spirituelle entre un enseignant, conférencier, pilote de ligne, chasseur ou cireur de chaussures… La spiritualité n’est en rien liée à la profession. L’enseignement que l’on reçoit est dans chaque expérience, propre à chacun, puis se distille par un mot, un sourire, une main tendue, tout autant que par des livres ou des conférences, car c’est la pratique de ce que l’on vit au jour le jour et non la théorie qui nous passe à travers le fer et la flamme, qui nous éprouve et qui nous libère.

 

Je vois beaucoup de personnes « éveillées », se regrouper entre elles et éviter de se mêler avec ceux qui ne seraient pas du même niveau vibratoire.

 

Où est le but de prêcher un convaincu ? Prêcher la bonne parole au sein de ceux qui la connaissent déjà est à la fois glorifiant pour l’égo et inutile. Si vous êtes entendant allez parler a ceux qui se croient sourds et dites leur qu’ils ne le sont pas. Jésus comme tant d’autres prophètes, allait vers toute personne qui justement, avait oublié sa lumière, était dans le besoin, était dans la critique et la réfutation. Un professeur n’enseigne pas à des enseignants, il enseigne à des enfants et les enfants lui enseignent en retour, le chahutant, le questionnant, l’approfondissant, mettant le doigt bien souvent sur des choses essentielles que dans notre tour d’ivoire pleine de croyances et de connaissances, nous avions oublié.

 

L’ « éveil » signifie t’il la paix constante, la sérénité absolue et permanente ?

 

Pas forcément, souvent même l’inverse. C’est ressentir au lieu de voir, ou même de faire. Ressentir c’est donc ouvrir les sens, c’est donc fondamentalement être plus sensible mais à la fois pouvoir en prendre tout le recul par l’observation, la compréhension, la mesure. C’est ressentir de manière équilibrée et mesurée, de manière englobante. C’est pouvoir prendre de la hauteur tout en étant à l’écoute et tout en traversant les émotions. C’est tendre une main à ce qui pleure en nous au fil de la Vie, c’est tendre l’oreille à ce qui souffre en nous, ce n’est pas ne plus souffrir ni atteindre une sorte de Zen continuel. C’est arborer la bienveillance et la compassion lorsque l’on traverse des mers déchainées, c’est garder la confiance lorsque l’on se cogne aux murs de notre humanité, de nos jeux d’égo et d’illusions ; ce n’est pas les supprimer, c’est les comprendre en allant au bout de chacun, pour s’en défaire et les transcender.

 

Je vois beaucoup de personnes « éveillées » se sentant de devoir lire tel ouvrage, suivre telle formation, afin d’accéder à la conscience ultime, à la maitrise de certaines choses.

 

Pensez-vous que Dieu soit synonyme d’érudition ? Que tous les ouvrages ésotériques, hermétiques, scientifiques, mystiques, etc. vont vous rapprocherez de la Source quand elle est à vos pieds, plus, vous-même tout entier? J’aimerais reprendre l’exemple de Jésus:  « Laissez les petits enfants, et ne les empêchez pas de venir à moi; car le royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. » Ne sont-ce donc pas les enfants qui sont les plus proches de celle-ci, et pourtant qui sont les moins « érudits » si l’on corrèle érudition et accumulation. La plupart des méthodes, formules magiques, rituels, nous ont été soit donnés soit inventés parce que justement nous avons toujours besoin de nous trouver des outils, quand nous sommes l’outil. Tant que nous tâcherons de comprendre ce qui Est par des idéologies nous ne pourrons jamais trouver le sens réel de la Vie qui ne se comprend que dans le mystère, au delà des mots, au delà des concepts, dans l’innocence.

 

-Emmanuelle Soni-Dessaigne

Du lâcher prise

template_article_vague

 

La confusion a envahi et mêlé la notion de lâcher-prise avec celle de passivité, d’abandon, de fatalisme.

Lâcher prise ne veut pas dire inaction, cela veut dire ne pas se fourvoyer dans l’émotion, dans l’interprétation d’une situation que l’on vit. C’est s’en extraire pour en mesurer toutes les dimensions, étendre sa vision, son champ de compréhension et permettre ainsi une action saine, juste et adéquate. Lâcher prise veut dire donc au contraire se rebeller pacifiquement contre tout ce qui nous étouffe et nous dénature pour revenir a sa nature.

Lâcher prise est une nécessité vitale lorsque l’on se noie ou lorsque l’on est englué dans des sables mouvants. On cesse alors de se débattre, on accepte la situation, on l’accueille, et puis on agit consciemment en conséquence.

Lâcher prise c’est amener la conscience à tout ce qui ne l’est pas.

Lâcher prise ce n’est pas accepter d’être battue par son mari, c’est comprendre pourquoi l’on vit cela et faire un travail de fond sur soi et prendre les mesures nécessaires. Ce n’est pas se plaindre ni pleurer sur son sort ni faire preuve de violence à son tour sur l’autre.

Lâcher prise ce n’est pas accepter la maladie passivement en priant pour qu’elle passe. C’est chercher les racines de celles-ci, accepter de les voir puis de les panser.

Lâcher prise n’est ni lâcheté ni l’abandon. C’est le courage, l’équilibre et la mesure, c’est prendre de la hauteur pour un point de vue plus omniscient.

Lâcher prise n’est ni fatalisme ni acceptation les bras croisés. C’est prendre conscience que ce que nous traversons est un mûrissement, une projection.

L’autre est toujours un miroir déformant de nos plaies, de nos recoins ou de nos potentiels en sommeil.

Une émotion est toujours porteuse d’une information que nous n’entendons pas quand nous sommes pris dedans.

Une émotion est comme une lettre que le divin facteur vous envoie, lâcher prise ou accueillir une émotion c’est accepter d’ouvrir l’enveloppe.

Et comme il n’est pas de poste restante, cette lettre, de multiples moyens (circonstance, situation, maladie…), va vous être délivrée encore et encore jusqu’à ce que vous ayez ouvert, lu et saisis le message.

Lâcher prise c’est accepter la catharsis.

Lâcher prise permet la maitrise, non le contrôle. Nous vivons dans la volonté de contrôle, nous planifions, nous calculons, nous voulons modeler les choses telles que notre mental l’imagine ou le souhaiterait, nous cherchons à figer les choses dans le temps, et bien-sûr tout cela n’est qu’illusion, déception, errance. Il est une différence entre maitrise et contrôle. Tous les grands professionnels de surf, de piano, ou d’art martiaux par exemple, vous le diront : ils ne cherchent pas à contrôler la vague ou l’énergie qui les traversent, ils se laissent envahir par elles et ainsi en l’épousant, en ne faisant qu’un avec elle, ils la maîtrisent et exécutent leur art.

La maîtrise, c’est la présence et l’alignement dans chaque mot, chaque geste, chaque action, que l’on fait.

Tel un banc de poissons ou une nuée d’oiseaux semblant agir de concert en parfait synchronisme, il nous faut apprendre à nous laisser être mus par une symphonie divine qui nous orchestre parfaitement. Il nous faut faire corps avec cette unité qui ne demande qu’à nous traverser entièrement, en harmonie et cohésion, pour nous guider.

Nos cellules corporelles sont à l’image de ces groupes qui se déplacent comme une seule entité, et dans ce cas précis, sous l’ordre de nos pensées, de nos réactions, émotions et sentiments. Leur réponse et réaction seront donc guidées et induites selon la direction et l’impulsion de nos pensées.

Il convient de faire attention aux mots et aux sens que l’on leur donne car le Verbe est créateur. Les sons, les chiffres et les mots, qui sont un, sont les créateurs de notre réalité.

-Emmanuelle Soni-Dessaigne

Vous êtes l’Amour, ne le cherchez pas.

template_article_etreamour

L’Amour n’est pas quelque chose qui existe à l’extérieur de vous ou quelque chose que vous devez chercher.

L’Amour est quelque chose que vous êtes.

Si vous voulez de l’Amour dans votre vie, soyez l’Amour.

L’Univers ne répond qu’en résonance avec ce que vous émanez.
La magie, c’est que plus vous partager, plus vous donner, plus vous recevez.

Vous cesserez alors de chercher quelqu’un en qui vous perdre, mais vous chercherez quelqu’un en qui vous retrouver.

15356664_1877643185805733_8122485247693507073_n

Nous sommes tous des touristes

template_article_touristes

« Un Touriste visite un Saint Sufi, dans sa maison au pied d’une montagne en Orient.

Il s’étonne de la simplicité du lieu, car la maison ne contient qu’une seule pièce, dont les seuls biens sont un tapis et une lampe à huile.

Le Touriste interroge le Saint:  » Sufi, où sont tes biens? »

Pour toute réponse le Sufi pose avec un sourire « Où sont les tiens? »

D’autant plus étonné et intrigué par la question en réponse à la sienne, le Touriste s’exclame: « Mes biens? Mais, je ne suis qu’un touriste de passage ici, Sufi. »

Le Sufi répondit « Moi aussi. »

Le monde d’aujourd’hui nous dit que la vie est courte, qu’il faut profiter, qu’il faut céder a ses désirs, acheter, consommer, vouloir encore, jeter, vouloir plus. Et que tout cela, c’est la Liberté, c’est la Vie.

Ainsi, le riche vit dans l’isolation et la dépression, et le pauvre, dans l’envie et la jalousie, dans la comparaison, sans plus aucune perspective de ce qui est réellement important.
C’est la préoccupation sur nos possessions, ou notre représentation, qui plus que tout nous empêche de vivre librement et noblement.

Parce que nous vivons dans un désert sans amour, ou l’on se contente de substituts. On embrasse la matérialité et la décadence faute d’embrasser toutes les autres choses, plus subtiles, plus vraies, plus vulnérables et plus profondes.

Se contenter de cela, c’est se contenter de bien peu. C’est se nourrir avec une goutte d’eau quand l’Univers a tout un océan à disposition, juste là, en vous et autour de vous.

Vous êtes votre propre ressource, abondante et toujours renouvelée. Ultimement, rien ne nous appartient, tout se créé, tout se transforme, tout s’échange. La sagesse Amérindienne nous dit que plus que nous héritons la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants.

Nous ne sommes que de passage et ce qui restera de nous ce n’est pas ce que nous avons possédé, mais combien d’amour nous avons mis dans chaque chose, chaque jour.

15317939_1878094162427302_1980814387572501348_n