Elle, pour « Elle-qui-doit-être-obéie ». | Lecture du mois – Mars 2018

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She (en Français, Elle ou la source de Feu) et ainsi les autres livres du même cycle de She ( Ayesha le retour d’Elle, La fille de la Sagesse , Elle et Allan Quaterman ), sont des livres absolument sublimes de H.Rider Haggard publiés à la fin de l’ère Victorienne.

Le cycle raconte l’histoire d’une femme, Elle, née en Égypte au temps de la déesse Isis, qui attendit deux mille ans l’homme qu’elle aimait et ne consentit à mourir qu’après l’avoir retrouvé, réincarné en l’archéologue Léo Vincey, son amour autrefois du nom de Kallikratès qu’elle a asassiné elle-même par jalousie vingt siècles plus tôt.

Elle, femme, sorcière, leader ; immortelle par Amour dans un monde mortel; forte, aimante et violente à la fois, torturée, passionnée.

Elle, pour « Ellequidoitêtreobéie », devint personnage marquant de la littérature et de la culture. Découlant elle-même de la Circé d’Homer et de la Cléopâtre de Shakespeare, Elle, inspira Kipling, Margaret Atwood, Tolkien (personnage de Shelob et Galadriel), C. S. Lewis’s dans Narnia, George R. R. Martin’s dans Game of Thrones, et fût même citée par Freud et Jung appuyant de leurs théories (Anima). On l’apparente à la déesse Isis, et aussi à Prakriti, la Nature –féminine- immortelle et première dans la philosophie et cosmogonie Indienne.

Elle, en chiffre, plus de 80 millions d’exemplaires vendus, traduits 44 langues, et une dizaine d’adaptations filmographiques.

On peut y lire à travers les lignes toute l’empreinte de l’émancipation féminine, de l’autorité féminine et de sa beauté complexe, des tourments de l’Amour mais surtout un message spirituel profond ainsi que d’autres idées culturelles et sociologiques reflétant l’époque -et pour beaucoup toujours applicables de nos jours- sur le déclin du colonialisme, la notion de race, la notion d’âme, les cycles de la Vie, etc.

Derrière cette force et indépendance personnelle et pouvoir fatal sur les hommes que leur force soit dans leur intellect ou leur physique – il y a aussi la souffrance de la haine et de l’amour, de l’Ange et du Démon qui se mêlent en Elle.

Je suis sûre que cela vous parlera 😉

Quelques citations pour vous transporter:

« Je suis de beaucoup d’humeurs et, comme l’eau dans ce vase, je réfléchis beaucoup de choses ; mais elles passent (…) ; elles passent et elles sont oubliées. Mais l’eau est l’eau et je suis encore (…) et ma qualité ne peut être altérée. »

« Mon Empire est celui de l’imagination.»

« Penser ne peut servir qu’à mesurer l’inutilité des pensées. »

« La mort est un mythe, mais le changement est réalité… »

« Oui, toutes les choses sont éternelles, bien que parfois elles dorment ou soient oubliées. »

« Il n’y a pas de telle chose comme la « Magie », bien qu’il y ai une telle chose comme le savoir des voies secrètes de la Nature. »

« L’Homme fait ceci et cela selon le bon ou le mauvais en son cœur ; mais il ignore la fin où ses sens l’entrainent promptement ; car quand il décoche sa flèche il est aveugle d’où le vent la fera tomber, pas plus qu’il ne peut compter les fils qui nouent la toile des circonstances. Bien et Mal, Amour et Haine, Nuit et Jour, Doux et Amer, Homme et Femme, Ciel et Terre – toutes ces choses sont utiles, l’une à l’autre, et qui peut prétendre connaitre la finalité de chacune ? »

« Maintenant, accordons-nous d’aimer et de prendre ce qui nous est donné, et d’être heureux; car dans la tombe il n’est ni amour ni chaleur, ni lèvres qui se rencontrent. Rien qui ne demeure, ou seulement le souvenir amer de ce qui aurait pu être. »

L’auteur avait tenté comme il le dit lui-même de «  dépeindre les résultats possibles de l’immortalité pratique, animant la substance d’une mortelle qui tirait pourtant sa force de la Terre et dans le cœur de laquelle des passions naissaient et battaient à la manière dont, dans le monde impérissable autour d’elle, les vents et les marées s’élèvent, tombent et battent sans cesse. […] J’étais sur que Elle, elle-même, ne pouvait être une divinité bien qu’elle put en être la manifestation, une prêtresse, une messagère, chargée d’accomplir sa volonté, de venger ou de récompenser, et demeurant pourtant une âme humaine, avec des espoirs et des passions à satisfaire, et une destinée à accomplir. »

-Emmanuelle Soni-Dessaigne